Le dilemme budgétaire

L’année 2009 commence sur les chapeaux de roues. La semaine prochaine sera marquée par la rentrée parlementaire et par la tenue d’une conférence des premiers ministres sur l’économie. De même, le gouvernement conservateur jouera son avenir sur le prochain budget, attendu dans les prochaines semaines. À cet égard, le ministre Flaherty, en tournée de consultation pré-budgétaire, a laissé entendre qu’il pensait réduire les impôts. Il a également ouvert la porte à la mise en place de mesures pour stimuler l’économie. Il y a là un véritable dilemme.

Le prochain budget ne peut tout faire. Si l’on emprunte cette voie, ce sont les générations futures qui payeront la note. Il serait irresponsable de proposer des mesures qui ramèneraient un déficit qui demeurerait une fois la tempête passée. On a balancé le budget et remboursé la dette au cours des dernières années, ce qui permet au Canada d’être en meilleure posture aujourd’hui.

Agir maintenant pour demain, c’est un concept un peu cliché, j’en conviens. Pourtant, c’est à ce niveau que se situent mes attentes à l’égard du prochain budget du ministre des Finances du Canada. Il faut que les mesures annoncées puissent servir de levier à court et à moyen terme. Les priorités mises de l’avant doivent nous aider à relever les défis économiques actuels, mais aussi à nous positionner pour après.

Plutôt que de tomber dans le dogme des baisses d’impôts, le gouvernement doit mettre en place des mesures ciblées, temporaires et qui ne prendront pas une éternité à mettre être appliquées. Il est toujours plus facile de créer un programme que de l’abolir. C’est pourquoi les mesures ciblées pourraient avoir une clause crépusculaire, ce qui signifie qu’elles prendraient fin ou seraient réévaluées à un moment précis. On devra aussi s’assurer de la complémentarité du plan avec celui mis de l’avant par les provinces. La coordination et la rapidité d’exécution pourront faire toute la différence.

Il est clair que le gouvernement seul ne pourra parvenir à remettre le train sur les rails. Le soutien aux entreprises qui présentent des perspectives d’avenir devra être accompagné de responsabilités de la part des bénéficiaires. Le gouvernement Harper a appuyé les banques en rachetant des prêts hypothécaires. Ce type de soutien devrait contenir des obligations. Cette intervention libère une marge de manouvre importante pour les banques canadiennes, qui devraient en contrepartie accorder davantage de crédit, particulièrement aux entreprises, afin de stimuler la croissance économique.

Le tumulte que nous traversons indique un changement du tissu économique. Les gestes que poseront nos gouvernements nous permettront de nous renforcer pour l’avenir ou nous affaiblir. Baisses d’impôts contre mesures ciblées. L’attrait du court terme ou la mise en place d’une vision à long terme, voilà le véritable dilemme du premier ministre, qui n’aura pas pour seule tâche celle de sauver son gouvernement, en ces temps de tumulte économique.

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