Le pouvoir de l'audace
Plusieurs évoquent la résilience quand il pense à la carrière politique du chef démissionnaire de l’Action démocratique du Québec (ADQ). Pourtant, c’est le mot «audace» qui me vient en tête quand je me remémore le parcours de Mario Dumont. C’est d’ailleurs sous le thème «Le pouvoir de l’audace» qu’il a entrepris sa première campagne en 1994. Il en fallait une dose importante pour mener cette aventure. Dans la vingtaine à peine, sans moyens financiers, mais avec une équipe déterminée et du cour au ventre, il a franchi cette première étape avec succès puisque celle-ci s’est conclue avec sa victoire dans Rivière-du-Loup.
Seul à l’Assemblée nationale, il devra bagarrer ferme pour faire entendre sa voix. Les règlements lui laisseront bien peu de moyens et de temps de parole. Son instinct de survie, comme il le dit si bien, lui fera développer son sens du «clip». Son audace lui permettra de faire des gains dans des dossiers de fond. Il mènera, entre autres, la bataille pour les jeunes syndiqués contre les «clauses orphelins», ce qui l’amènera à faire passer un projet de loi visant à les abolir.
Sous la gouverne de Mario Dumont, la présence de l’ADQ dans le paysage politique s’est enracinée lentement, mais sûrement, tel un chêne. Tout n’a pas été parfait. Le chemin a été parsemé d’embuches. Nous sommes tous des humains, après tout. Toutefois, jusqu’à lundi dernier, les appuis s’étaient additionnés, scrutin après scrutin, pour atteindre près de 31 % en 2007.
Pendant ce temps, le débat politique au Québec s’est modifié. Longtemps déterminées par l’option constitutionnelle, les positions des partis sont aussi analysées suivant l’axe gauche-droite. Une contribution non négligeable, qui a brisé la polarisation et permis des débats sur des enjeux de société, telles la famille, la santé et la démographie, pour ne nommer que ceux-là.
Le rideau se referme sur la carrière politique d’un homme qui aura marqué le Québec par sa détermination et son audace. Mario Dumont ne sera plus dans le paysage politique québécois. Après 14 ans, il a décidé qu’il était temps pour lui de faire autre chose, de contribuer autrement. Le temps déterminera sa place dans l’histoire, mais, pour l’instant, il est possible de dire : «Merci Mario!»