Le dernier droit
Enfin! Il était temps que cette campagne électorale que nous a imposée Jean Charest décolle. À 10 jours du scrutin, il semble que l’intérêt pour la campagne tend à prendre un nouveau souffle. L’effervescence autour de la performance des chefs a eu pour effet de ramener un peu de passion dans la campagne. À une table voisine dans un resto, dans nos milieux de travail, on entend pour la première fois des gens parler de politique québécoise.
Il est réconfortant de voir que près de deux millions de personnes ont regardé ce débat, qui représente un point culminant de la campagne. Certains ont aimé le format, d’autres ont détesté l’animation. Comme électeur, on a cependant été exposé pour la première fois depuis le début de la campagne à des idées. Pour plusieurs, dont je suis, c’est Mario Dumont qui l’a clairement emporté. Pour d’autres, Pauline Marois et Jean Charest ont eu les meilleurs échanges. Peu importe, l’important, c’est sûrement que les gens se soient fait une opinion.
La suite des choses sera donc teintée par l’effet laissé par le débat. Cela ne veut pas dire que les Québécois se mettront à suivre les points de presse des chefs en direct, mais ils auront des points de repère sur la position des chefs et ce qu’ils ont à offrir.
Seulement 24 heures après le débat, les machines étaient déjà à l’ouvre. Pauline Marois se disait confiante d’être à la tête d’un gouvernement majoritaire. Mario Dumont visait à convaincre les électeurs qui ont voté pour son parti en 2007 à le refaire le 8 décembre. Jean Charest lui, se positionne comme celui capable de représenter le mieux les Québécois. Le ton était donc donné pour les jours restants.
Quelque 5 720 000 électeurs auront le droit de vote le 8 décembre prochain. Il faudra voir quelle tendance prendra le dessus, celle du cynisme, qui décourage la participation électorale, ou celle de poser un geste citoyen en allant voter. Alors que s’engage le dernier droit de la campagne électorale, je fais le pari qu’il importe toujours de s’exprimer. Voter, c’est le meilleur moyen de se faire entendre. En cette période de grisaille économique et de préparatifs aux fêtes, c’est même une façon de dire que l’on ne voulait pas d’élections.