Rien pour pavoiser

En déclenchant des élections le 7 septembre dernier, Stephen Harper s’est placé dans une situation inconfortable. Lui qui a bafoué sa propre loi sur les élections à date fixe a croisé le fer avec Stéphane Dion sans obtenir les résultats escomptés. Cette bataille, qui semblait facile, n’aura pas permis à son équipe de remporter une majorité de sièges. Avec 143 députés, il a tout de même les coudées un peu plus franches. Il serait toutefois arrogant de gouverner sans tenir compte de l’opposition.

Si, comme il l’a déclaré, il est réellement désireux de gouverner pour tous les Canadiens, peu importe leur allégeance, Stephen Harper devra proposer des pistes de compromis. Il devra tendre la main. Les partis d’opposition auront en contrepartie le devoir de garder l’esprit ouvert. Aucun n’a obtenu de partie gratuite. Layton a bien fait des gains significatifs sans pour autant se sortir de sa situation de tiers parti. Dion a échoué complètement dans sa volonté d’imposer sa vision. Pour sa part, Gilles Duceppe a sauvé la mise en défendant les consensus québécois. Il ne doit pas voir le résultat comme un chèque en blanc. Malgré le climat qui régnait au Québec, le Bloc a tout même perdu quatre points.

L’économie sera le premier test où il faudra rallier les différents partis. Le minibudget de novembre sera pour Stephen Harper l’occasion de démontrer qu’il est capable d’ouverture. Jusqu’à quel point l’opposition parviendra-t-elle à influencer les politiques du gouvernement? Cela dépendra sûrement du comportement de chacun. Contrairement à Gilles Duceppe, MM. Layton et Dion ont déjà indiqué leur volonté de collaborer.

Finies les chicanes de cour d’école. Personne ne peut pavoiser avec le résultat électoral du 14 octobre. Aucun des chefs ne se trouve dans une position pour tirer sur l’élastique. La population s’est exprimée. Le taux de participation anémique, le plus bas de l’histoire, devrait motiver les différents partis à ouvrer pour faire raccrocher la population au politique.

Il est de la responsabilité de tous les élus de faire fonctionner le Parlement. Ils devront trouver des terrains d’entente, un enjeu à la fois. La population n’acceptera pas de retourner en élection de si tôt.

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