Économie politique
C’est sur fond de crise financière que se sera déroulée cette campagne électorale. Dès le déclenchement, Stephen Harper avait invoqué l’incertitude économique pour demander un nouveau mandat aux Canadiens. Il ne savait pas que ce même dossier hanterait les derniers jours de la campagne.
Celui qui apparaissait, selon tous les sondages, comme le plus apte à gouverner dans le tumulte s’est retrouvé confronté à la politique. Le débat des chefs aura été le moment-clé. Les attaques répétées de ses adversaires auront permis d’égratigner le vernis économique de Stephen Harper. On lui a reproché son absence de vision, un calme déplacé devant la situation et un manque de compassion envers les préoccupations de la population. Jusque-là, la campagne avait été houleuse, mais la carte économique demeurait un atout de taille. Les électeurs cherchaient un chef qui pouvait naviguer dans la tempête. Depuis, Harper peine à restaurer la perception populaire. Il est clair que le rôle de premier ministre commande un certain degré de contrôle. On n’aurait guère apprécié qu’il cède à la panique. Toutefois, les attentes se sont élevées. La plateforme conservatrice devait être à la hauteur. Or, le plan des derniers jours ne contenait pas les éléments pour renverser la tendance.
Pendant ce temps, les partis d’opposition continuent de marteler le message. L’écart dans les intentions de vote rétrécit. Stéphane Dion se sent oxygéné et surprend une fois de plus. Le chef du NPD, qui a mené une campagne bien ficelée, pourrait faire des percées. Gilles Duceppe fait campagne dans des bastions conservateurs en se permettant tous les espoirs.
L’économie est maintenant au centre de la campagne. La force de Stephen Harper pourrait devenir sa faiblesse. Si les sondages disent vrai, les résultats du 14 octobre ne seront pas à la hauteur des attentes conservatrices. Ils pourraient même contenir des surprises majeures si les conservateurs ne parviennent pas à changer la tendance.
L’équipe de Stephen Harper, qui nous avait habitués à des stratégies orchestrées de main de maître en 2006, pensait-elle que le bilan des promesses tenues et la crédibilité de son leader suffiraient à convaincre les électeurs? Ces derniers répondront à cette question mardi.