Un souhait pour la campagne
La campagne fédérale bat son plein depuis déjà plusieurs jours et, pourtant, ça ne lève pas. Aucun vent d’enthousiasme ne m’habite. Pourtant, une mordue de la politique comme moi devrait y trouver son compte. Rien! Il me semble que
les campagnes électorales ont toujours été l’équivalent de mes Olympiques. Le moment où tout le monde s’arrête et réfléchit aux diverses idées lancées par les partis politiques. Une saine compétition où l’on rivalise pour offrir aux citoyens le plus beau plan de société qui soit.
Cette fois, je n’ai pas envie de suivre la course. Chaque jour me désole un peu plus. Aucune passion. Rien. Pourquoi? La succession de gouvernements minoritaires aura peut-être eu raison de la participation citoyenne.
Il y a bien eu des débats sur les enjeux. La culture, l’économie, l’environnement amènent des positions bien campées. Toutefois, on a l’impression qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. Trop de campagnes électorales en rafale qui font que les idées n’ont pas le temps de se renouveler? Peut-être.
La campagne américaine, qui capte l’attention du monde entier, rend aussi le défi particulièrement difficile pour les politiciens d’ici. Cette course mobilise des citoyens qui n’avaient même jamais voté. Elle évoque des changements fondamentaux qui pourraient se matérialiser. Là-bas, la couverture de presse nous montre des citoyens empreints d’espoir de changement. La campagne ici supporte mal la comparaison. Elle paraît terne? Peut-être.
La publicité négative, qui a fait une entrée remarquée dans notre environnement politique, n’a rien pour accrocher. On sait que ça fonctionne, bien que l’on veuille croire le contraire. Tous les partis crient à la démagogie et pourtant chacun en rajoute! Est-ce le cynisme ambiant qui fait décrocher les plus idéalistes? Peut-être.
À force d’additionner tous les éléments, on finit par comprendre que la campagne n’est pas «plate», mais qu’elle est sombre. Surtout si on ajoute l’ombre du contexte économique qui plane au dessus de nos têtes. Souhaitons que le débat des chefs relance la campagne sur des nouvelles bases. Les dernières semaines pourraient alors s’avérer plus inspirantes.