Le débat sur le débat

La première semaine de la campagne électorale fédérale aura connu son lot de rebondissements. Campagne de peur, publicités négatives, concours d’image et quelques promesses auront marqué les premiers jours de cette course qui en durera 37. Par-dessus tout, ce qui aura retenu l’attention aura été le débat sur le débat.

La participation de la chef du Parti vert, Elizabeth May, a suscité bien des grincements de dents. Jack Layton et Stephen Harper n’étaient pas chauds à l’idée d’accueillir un autre joueur dans l’arène. Celle que l’on voulait tenir à l’écart prendra finalement part à cet événement-clé le 1er octobre. Le débat est en effet un moment crucial. C’est l’occasion pour bien des électeurs de faire leur choix. Cette participation crée un précédent. C’est la première fois que le chef d’un parti n’ayant pas de député élu sous sa bannière y participera. Le Parti vert compte bien un député, mais Blair Wilson de la Colombie-Britannique a récemment joint la formation politique après avoir été élu en 2006 pour les libéraux. Rappelons-nous qu’en 1994, l’ADQ était, avec un seul député, qui avait été élu sous la bannière des libéraux, dans une situation similaire. Cette fois, les tribunaux avaient tranché en défaveur de Mario Dumont. Fait cocasse, l’avocat de l’ADQ de l’époque, Claude Carignan, est aujourd’hui candidat du Parti conservateur dans le «450». 

Sur le plan politique, avec une participante de plus, c’est une nouvelle dynamique qui s’installe. Reste à savoir qui en tirera profit. Il est certain que Mme May est déjà gagnante. Sa seule participation représente une occasion unique pour elle de faire valoir ses idées. L’ouverture de Stéphane Dion pourrait lui jouer des tours. Lui qui a concentré tous ses efforts sur son Tournant vert devra ramer fort pour se démarquer à moins que la chef des verts ne lui serve de faire-valoir. Il en va de même pour Jack Layton.

Entre le Bloc, le NPD, les libéraux et les verts, ce sera le débat puor savoir de qui d’entre eux est le plus vert. Chacun voudra faire valoir ses spécificités. Il leur faudra donc faire attention pour ne pas sombrer dans les détails. Sinon, Stephen Harper risque de tirer profit de cette cacophonie verte.

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