Immigration: «s’imposer» par le sport

L’immigration hante les sociétés occidentales, car on l’assimile à la peur de l’autre tout en occultant sa richesse. Dans le sport, l’actualité ne cesse de démontrer le contraire.

Des exemples de sportifs qui ont galéré avant de hisser le drapeau québécois haut dans le concert des nations, on en a de très bons : les boxeurs Lucian Bute  et Herman Ngoudjo. Tous les deux ont choisi le Québec comme terre d’accueil après leurs médailles aux Jeux de la Francophonie d’Ottawa en 2001.

Mais, aujourd’hui, j’aimerais vous parler de deux histoires de réfugiés qui ont lieu en France. La première est celle d’un Bangladais qui a été régularisé grâce à son fils champion d’échecs et la deuxième est celle d’un Afghan qui a décroché son titre de séjour en devenant champion de France Espoirs en boxe française.

Nura Alam est originaire du Bangladesh. Dans son pays d’origine, il s’opposait au pouvoir politique en place. Un activisme malvenu, car Fahim, son fils, est champion d’échecs. Après les premiers succès de Fahim, la famille a commencé à recevoir des menaces. Le père décide alors de quitter le pays avec son garçon. Le périple les mène en Inde, en Hongrie et se termine en France. On est en octobre 2008. S’en sont suivis plusieurs demandes d’asile pour obtenir le statut de réfugié politique. Tous les recours de Nura Alam pour obtenir un titre de séjour échouent.

Entre-temps, le père et son fils ont d’abord logé dans un foyer à Créteil, une ville qui abrite aussi un des meilleurs clubs d’échecs français. Nura Alam décide d’y inscrire son fils. Une décision qui se révélera capitale.

En effet, la situation semble bloquée pour les Alam, jusqu’au mois d’avril dernier. À Nîmes, Fahim devient champion de France d’échecs des moins de 12 ans. Immédiatement, sa situation attire les médias. L’affaire remonte jusqu’aux oreilles de François Fillon qui est intervenu pour accélérer la régularisation des Alam. Chose faite le 12 avril dernier. Désormais avec ses papiers, Fahim pourra quitter la France pour disputer les prochains championnats d’Europe, en toute légalité.

L’autre histoire est celle de Sharif Hassan Zadeh. Né à Kaboul, réfugié au Pakistan, il a décidé, en 2006, à 14 ans, de partir clandestinement vers l’Europe. Il a mis trois mois à parvenir en France, en passant pas des filières de passeurs qui l’ont abandonné devant la gare de Tourcoing, non loin de Lille, seul et sans parler un mot de français. L’adolescent a ensuite découvert la boxe française. Il est devenu l’un des meilleurs espoirs en France de la discipline.

Le 28 février 2009, à l’âge de 17 ans, Sharif est sorti de l’anonymat en devenant champion de France Espoirs de Savate Boxe Française. Une performance grâce à laquelle il a obtenu des papiers français. Éric Besson, ministre de l’Immigration à l’époque, a reçu le jeune Sharif le 11 mars 2009 pour lui remettre son titre de séjour.

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