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Combien de personnes ça prend?

Voici quelques réactions d’une maman, professeure de philosophie au collégial et citoyenne, qui était présente à la manifestation étudiante de jeudi dernier.

À la suite de la lecture de journaux concernant la manifestation des étudiants (entre 3 000 et 8 000 personnes, selon les sources), voici mes impressions.

Le journal Le Soleil met l’accent sur les gaz lacrymogènes (angle sensationnaliste), et La Presse souligne les droits de scolarité universitaires élevés d’ailleurs. Quel est l’objectif? Suivre le courant? C’est ce qu’on appelle un sophisme «du mouton et du troupeau» ou «d’appel à la majorité» qui évacue toute réflexion et soutient qu’il faut «faire comme tout le monde»! Soit dit en passant, nos cégépiens apprennent cela dans leur premier cours de philosophie.

Un rayon de soleil d’un point de vue de couverture journalistique : Le Devoir met en première page la critique du député de Québec solidaire, Amir Khadir, concernant l’abus de l’utilisation des gaz lacrymogènes. J’y étais, c’était très pacifique et festif; zéro violence, zéro provocation. Il y aurait eu, vers la fin, quelques balles de neige et un bâton lancés, provoquant la réaction des policiers antiémeutes de la Sûreté du Québec… Est-ce que ça justifie les gaz
lacrymogènes? Un député péquiste présent, gazé comme tout le monde, a protesté auprès des policiers : «C’est avec nos taxes qu’on te paie, là!» Je ne sais pas si vous avez déjà subi de ces gaz, c’est extrêmement irritant pour la peau et désespérant parce qu’on ne peut plus respirer.

Côté population, où nous situons-nous? Sommes-nous à ce point dérangés et apeurés par ceux qui manifestent? En passant, il y avait des personnes qui se présentaient comme «parents en colère», ou encore une dame très âgée (plus de 80 ans, d’après moi) qui manifestait elle aussi, pour défendre l’accès de tous à l’éducation.

Quelque 80 000 étudiants en grève… Combien de personnes doivent-elles se mobiliser pour être considérées et entendues par les médias? Combien en faut-il pour qu’ils se détournent de leur angle sensationnaliste (prenant ainsi par défaut une position, ici celle du gouvernement) et qu’ils nous amènent des éléments pour réfléchir par nous-mêmes à la situation!?! Qu’est-ce que les étudiants doivent faire pour que certains, parmi les journalistes et parmi monsieur et madame Tout-le-Monde, ne se sentent pas agacés et frileux face aux manifestations et qu’ils s’intéressent enfin à la cause elle-même? Ce sont quand même nos enfants qui manifestent! Ces jeunes qui ne sortent pas tant que ça dans la rue et qui maintenant se mobilisent massivement. Combien de personnes doivent-elles se mobiliser pour que le gouvernement réagisse positivement à leurs demandes?

– Marcela Fajardo, Québec

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