Afghanistan: attentat-suicide et tirs près de la conférence sur la paix
KABOUL (AP) — Un attentat-suicide et des affrontements entre forces de
sécurité afghanes et insurgés se sont produits mercredi à Kaboul, où
s’est ouverte la conférence sur la paix (« jirga ») en présence de 1.600
délégués. Les talibans ont dénoncé mardi cette conférence, menaçant de
mort ceux qui y participeraient.
Selon un porte-parole de l’OTAN, qui n’a pas fourni de plus amples
précisions, plusieurs insurgés ont été tués près du lieu de la
conférence, une tente géante à l’Université polytechnique de Kaboul.
D’après la police afghane, un kamikaze s’est fait exploser à quelques
mètres de là. On ignore pour le moment s’il y a d’autres victimes.
Les talibans ont revendiqué par la suite l’attentat-suicide. Le
porte-parole des talibans Zabiullah Muhajid a précisé à l’AP qu’autour
de 10h (heure locale), quatre kamikazes habillés d’uniformes de l’armée
afghane ont ouvert le feu et attaqué la jirga. Ils devaient « saboter et
détruire la jirga de la paix », a-t-il ajouté. « Nos combattants
continueront à se battre jusqu’à la mort ».
Peu de temps auparavant, une roquette tirée selon la police à partir de
l’ouest de Kaboul était tombée et des coups de feu avaient retenti
alors que le président Hamid Karzaï prononçait depuis une dizaine de
minutes son discours d’ouverture. « Ne vous inquiétez pas », a lancé M.
Karzaï aux délégués. « Nous avons déjà entendu ce genre de choses
auparavant ».
Peu après, un reporter d’AP situé près de là a entendu une forte
explosion et vu de la fumée s’élever. Il s’agissait apparemment d’un
nouveau tir de roquette, à une centaine de mètres du lieu de la
conférence. Des forces supplémentaires se déployaient sur les lieux,
survolés par hélicoptère.
Mardi, les talibans avaient dénoncé cette conférence, estimant que
cette « jirga » ne représentait pas le peuple afghan et qu’elle était
destinée à « garantir les intérêts étrangers » dans le pays. Dans un
communiqué adressé à divers organes de presse, les talibans affirmaient
que les participants à la conférence « sont payés par les envahisseurs
et travaillent pour leurs intérêts ».