Le maire d’Anjou veut freiner la centralisation
Les élus municipaux d’Anjou demandent au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, de s’assurer que l’esprit de la Loi 33 soit respecté afin que la Ville de Montréal cesse d’empiéter dans les champs de compétence des arrondissements.
La résolution a été entérinée à quatre voix contre une, à la séance du conseil d’arrondissement de juin. La conseillère Michelle Di Genova Zammit, de l’équipe Coderre, a été la seule à voter contre.
«En près de trois ans, il y a eu plus de centralisation de la part de l’administration Coderre que durant les 12 années précédentes. Les arrondissements sont en train de perdre tous les pouvoirs octroyés par Québec par le biais de la Loi 33», dénonce le maire d’Anjou, Luis Miranda.
La Loi 33 prévoit, de manière exceptionnelle, lorsque les élus qui composent le conseil de ville estiment qu’il en va de l’intérêt général de la Ville, qu’il se déclare compétent à l’égard de l’exercice d’une compétence ou d’un pouvoir que la loi attribue à tous les arrondissements.
Selon le maire Miranda, l’exception devient plutôt la norme depuis l’élection de Denis Coderre, en novembre 2013.
Après la centralisation en matière d’approvisionnement, de dotation et de confection de la paie, tout comme dans la gestion de l’application du règlement de stationnement et dans le déclenchement des opérations de déneigement, l’administration Coderre souhaite en ajouter.
Elle prévoit rapatrier les pouvoirs des arrondissements pour ce qui est de la gestion des contrats de déneigement, la gestion du matériel roulant et la gestion immobilière.
«L’utilisation fréquente de cette procédure d’exception prévue à la Loi en dénature l’esprit même et les termes sur lesquels les citoyens se sont prononcés lors du référendum sur les défusions municipales en juin 2004», déplore le texte de la résolution entérinée par les élus.
Vent de défusion
À ne pas en douter, le vent de défusion souffle toujours dans l’arrondissement d’Anjou.
La résolution des élus angevins est une première démarche.
«Nous n’avons pas encore eu d’échos à notre résolution, mentionne M. Miranda. Nous verrons ce qu’il adviendra par la suite.»
Il affirme ne pas être le seul arrondissement à étudier la question, sans toutefois vouloir préciser lesquels.
Les citoyens présents au conseil d’arrondissement, eux, font entendre de plus en plus leur voix discordante à l’endroit de la ville-centre.
Plusieurs se demandent jusqu’où ira l’ingérence de l’administration Coderre et la mainmise de la ville-centre dans les compétences des arrondissements.