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Les «cousins» roms de Sarkozy

Nicolas Sarkozy doit se détester royalement. Il expulse des milliers de Roms de France alors que son patronyme est typiquement rom. Rudolf Sarközi, le porte-parole de la communauté des «gens du voyage» en Autriche, en est une preuve vivante. En fait, le président de la république est prêt à tout pour regagner le cÅ“ur de ses électeurs.

Renvoyer ceux qui, il n’y a pas si longtemps encore, étaient appelés gitans, tziganes, manouches, romanichels ou bohémiens, c’est s’attaquer au maillon faible de la chaîne migratoire. Expulser massivement des Maghrébins, par exemple, a toujours des retombées palpables sur les plans politique et économique.

Ce n’est pas pour rien que, bon an mal an, les Roms forment au moins 40 % des bataillons d’expulsés. Ils sont seuls au monde, même si le pape, l’ONU et une bonne partie de la communauté internationale sont montés au créneau pour épingler la France. Mais attention, la plupart des pays européens logent à la même enseigne : partout, les 10 millions de Roms du Vieux Continent sont des citoyens de seconde zone. Portant l’étiquette de «voleurs et de paresseux», sans véritable pays (ils sont massivement arrivés du nord de l’Inde il y a six ou sept siècles), ne connaissant aucune frontière, ce sont des migrants économiques. Donc, des boucs émissaires faciles.

S’ils sont criminalisés à tout propos pour mieux être expulsés, les chasser ne change pas grand-chose. Même sans papiers, ils finissent par regagner le pays d’où ils ont plié bagage, de force. C’est un peu le syndrome de la porte tournante. Mais s’attaquer à la plus grande minorité ethnique d’Europe au nom de la sacrosainte «politique de sécurité» est toujours payant politiquement, en France comme ailleurs.

Sarkozy a besoin de faire le plein des votes de l’extrême-droite. La prochaine présidentielle pointe à l’horizon. Même si la majorité des Français ne veulent pas voir le bout de son nez en 2012, il ne baisse pas les bras. C’est un battant. Il compte sur sa politique sécuritaire et l’expulsion de ses lointains «cousins» pour rester à l’Élysée.

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