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«Un jour, l'OPEP produira de l'énergie solaire»

Abdallah el-Badri est l’homme que l’Occident aime détester. En qualité de secrétaire-général de l’OPEP, il gère l’approvisionnement en pétrole de la planète. Actuellement, l’OPEP comprend des pays membres aussi différents que le Venezuela et le Koweït. M. el-Badri, l’ancien gentil ministre de l’Énergie de la Libye, doit se préoccuper de la baisse des ressources pétrolières. Il a reçu notre équipe au nouveau siège rutilant de l’OPEP, à Vienne. Voici l’entrevue exclusive.

Vous arrive-t-il de songer à ce que le monde serait sans pétrole?
Quand j’étais enfant, je voyais un monde sans pétrole parce que nous n’en avions pas dans ce temps-là. Je sais donc ce que ça signifie. Aujour-d’hui, le pétrole est au cÅ“ur de tout. Je ne peux vraiment pas concevoir comment les gens vivraient décemment sans pétrole. La révolution industrielle a reposé sur les combustibles fossiles.

Le président Obama a qualifié la fuite dans le golfe du Mexique de pire désastre dans l’histoire du pétrole. L’industrie pétrolière peut-elle s’assurer qu’une telle catastrophe ne se reproduira pas?
J’ai été très surpris de constater à quel point le gouvernement américain et les compagnies pétrolières américaines n’étaient pas préparés à ce type d’incident. Nous parlons du centre mondial de l’industrie pétrolière et du centre mondial de la technologie de pointe. Je ne sais pas comment cet incident s’est produit. Il a pris tout le monde par surprise. Maintenant, nous devons renfor­cer la réglementation et son respect. Ce genre d’incident peut être prévenu au moyen d’une technologie appropriée, comme des blocs obturateurs de puits.  

L’Agence internationale de l’énergie prévoit que la demande mondiale de pétrole augmentera de 1 % chaque année jusqu’en 2030, où elle devrait atteindre les 105 millions de barils par jour. Quand l’OPEP ne sera-t-elle plus capable de répondre à la demande?
Selon nos prévisions, nous ne manquerons pas de pétrole pour approvisionner le monde. Nous disposons de réserves suffisantes. Les réserves prouvées tournent autour de 1 300 milliards de barils. Il reste beaucoup de potentiel à explorer et à découvrir. De plus, la nouvelle technologie
suppose que nous serons en mesure d’augmenter le taux d’extraction de 30 à 60 % environ, ou même plus.  

L’énergie de remplacement représente-t-elle une menace pour l’OPEP?
Nous encourageons les autres sources d’énergie, mais l’énergie de rempla­cement démarre à un niveau assez bas. Les carburants fossiles demeureront la source d’énergie prédominante dans un avenir prévisible.

En 1973, l’OPEP a augmenté le prix du pétrole et a paralysé la planète. L’OPEP est-elle aussi puissante de nos jours?
À cette époque, le prix du pétrole était déterminé par les compagnies pétrolières. Aujourd’hui, les règles du jeu sont différentes. Le prix du pétrole est régi par le marché. En outre, maintenant, nous avons un nouveau commerce,  les spéculateurs et les marchés financiers.

L’OPEP devrait-elle produire de l’énergie de remplacement?
Les pays membres de l’OPEP sont plus ensoleillés et venteux que la plupart des autres. Nous n’avons pas l’énergie nucléaire. Nous devons faire preuve de beaucoup de prudence avec le nucléaire, autant sur le plan de la sûreté que des dépenses en immobilisa­tions. Mais l’énergie solaire ou éolienne, oui. Actuellement, nous n’avons pas l’argent nécessaire pour subventionner les nouvelles sources d’énergie, comme le fait l’Union européenne.  J’ignore si d’autres pays
continue­­ront à subventionner l’énergie de remplace­ment. Toute­fois, lorsqu’elles seront viables du point de vue commer­cial, l’énergie solaire et l’énergie éolienne pourraient constituer une source de recettes impor­tante pour les pays de l’OPEP.

Consommation en 2009

  • <,75 C’est en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans la plupart des pays de l’Europe de l’Est, de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale qu’on consomme le moins de pétrole. 

  • ,75-2,25 La plupart des pays d’Europe de l’Ouest consomment annuel­le­ment de 0,75 à 1,5 tonne ou de 1,5 à 2,25 tonnes de pétrole par tête. 

  • 2,25-3 Les États-Unis, le Canada et les Pays-Bas consomment annuellement entre 2,25 et 3 tonnes de pétrole par tête.

  • >3 La Belgique, le Luxembourg, l’Islande, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les plus grands consommateurs de pétrole du monde, avec plus de 3 tonnes de pétrole par tête.

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