Anne-Marie Losique se met à nu (au sens littéral)
Quand Anne-Marie Losique visite le Québec, elle voyage léger. C’est du moins ce que laissent croire ses Confessions sauvages, un livre de photos érotiques que la productrice a lancé lundi. Fruit de la collaboration entre Anne-Marie Losique, l’auteur Pierre Thibeault et la photographe Franca Perrotto, le bouquin se veut un compte-rendu en images du road trip que la femme d’affaires et ses copines ont entrepris dans la Belle Province. Discussion avec une fille qui n’hésite pas à se mettre à nu au sens littéral… mais pas au sens figuré.
Pourquoi ce livre?
J’aime l’édition, j’aime les livres, mais je suis une fille de l’image. Je n’ai jamais parlé de sexe; je préfère le montrer… à ma façon. En librairie, il y a beaucoup de nouvelles érotiques, mais ce n’est pas illustré… et quand ça l’est, ça ne vient jamais du Québec. Alors, au lieu de se procurer des trucs qui viennent d’ailleurs, pourquoi n’aurions-nous pas un livre d’ici?
Pourquoi maintenant?
Il y a 10 ans, je courais partout comme une folle. Même si je travaille encore beaucoup, c’est moins la folie furieuse. J’ai eu le temps de bien mûrir ce projet.
Le livre te montre dans plusieurs positions compromettantes avec une douzaine de filles. Les hommes ne font-ils pas partie de tes fantasmes?
Pas dans ce livre-là! [rires]
L’idée de te dévoiler dans une véritable autobiographie t’effraie-t-elle?
Je pourrais, un jour, écrire mon autobiographie. Je ne pensais jamais me mettre nue intégralement, alors pourquoi pas? Une chose est sûre, je ne le ferai pas avant d’avoir quitté la vie publique. Je ferai une Greta Garbo de moi : on va me voir dans la rue avec des lunettes noires et un chapeau noir!
Dans cette ère d’accessibilité gratuite et sans limites de la pornographie sur l’internet, comment arrive-t-on à convaincre quelqu’un de débourser 25 $ pour un livre d’images érotiques?
Ce que je fais, ce n’est pas de la pornographie pure et dure. Il y a une démarche artistique derrière ça. On s’est d’ailleurs inspiré du livre Toxique de Françoise Sagan pour les textes.
Que réponds-tu aux critiques qui disent que tu ne te mouilles pas autant que les autres filles dans le bouquin?
Je suis une personnalité publique qui produit des émissions pour adultes et qui a une station pour adultes… Je considère que je me mouille beaucoup! La nature du travail est différente. Dans la vie, je ne suis pas une danseuse. Je ne suis pas une actrice non plus. Il faut arrêter de tout mélanger. Je ne m’écarte pas les jambes. Ce n’est pas ce que je
voulais faire. Si les autres filles le font, c’est parce qu’elles le voulaient.
Éprouve-t-on un réel plaisir à faire des photos du genre?
C’est mon projet, donc j’avais beaucoup de trucs à gérer et des horaires à respecter : s’il pleut, ça ne fonctionne pas, s’il y a une fille qui ne se pointe pas, il faut la remplacer… Et au cours d’un été caniculaire, on est tombé sur les journées les plus froides! Cela dit, une fois qu’on est devant l’objectif, on oublie tout. J’aime bien ces petites secondes-là.
Comment fais-tu pour garder une telle forme?
Les gens se foutent de ma gueule, mais les six mois de Bixi pour aller au bureau l’été m’aident beaucoup! Ils sont lourds, ces putains de Bixis! Alors, quand tu montes une côte, c’est hyper bénéfique! Je m’entraîne aussi au moins cinq fois par semaine. Ça peut être plein de choses : du hot yoga, du jogging… Et je fais attention à ce que je mange… même si je bois un peu trop!
Bientôt la retraite
Anne-Marie Losique compte se retirer de la vie publique d’ici cinq ans. C’est du moins ce qu’elle affirme en entrevue. La femme d’affaires, qui lèvera le mois prochain le voile sur Vanessa, sa chaîne spécialisée dans le divertissement pour adultes, dit envisager cette option depuis quelque temps. «Avec la station, j’ai un plan de cinq ans, révèle-t-elle. Après, qu’est-ce que je fais? Je ne vais pas revenir à la production : pour moi, ça serait un retour en arrière. Je serais prête à faire autre chose.» L’idée de disparaître de la scène culturelle semble plaire à Losique, qui ne craint pas de s’ennuyer du feu des projecteurs et de l’attention des médias. «J’aime la vie publique, mais jusqu’à un certain point», dit-elle en souriant.
Confessions sauvages
Aux éditions Presses Libres
Présentement en librairie