Le Québec a perdu le nord
Jean Charest disait au énième lancement de son Plan Nord qu’il vivait le plus beau jour de sa carrière politique et qu’il était en politique pour réaliser de tels projets. Ce n’est pas mon cas et pas celui d’autres Québécois non plus, du moins je l’espère.
Il est désolant d’entenÂdre les élus de la Côte-Nord, les dirigeants des ChamÂbres de comÂmerce de tout le Québec, et, encore plus triste, les chefs autoÂchtones applaudir à une telle initiative dévastatrice pour le territoire québécois. Et tout cela pour de l’argent. Encore une fois de l’argent pour les compagnies minières, les entreÂpreneurs en construction, les architectes, les ingéÂnieurs, les autochtones, l’État québécois et les travailleurs payés à gros salaire qui vont pouvoir consommer encore plus. Comme si notre seule valeur commune était devenue le matérialisme triomphant, pour combler un grand vide spirituel. Comme si une autre forme de développement axée sur la qualité de vie avant le niveau de vie, l’entretien de nos infrastructures existantes avant d’en construire d’autres, les énergies renouvelables plutôt que des énergies gaspillées, le soutien aux peuples en voie de développement alors que nous, sauf exception, nous avons déjà tout ce qu’il nous faut, n’était pas possible.
– Yves Chartrand