La guerre de l'Iran aura lieu!

Depuis un mois, l’Occident et l’Iran jouent à un jeu dangereux poussant Téhéran jusqu’à brandir la menace de fermer le détroit d’Ormuz. Les tambours de la guerre se font désormais de plus en plus entendre dans la région.

Cela fait longtemps que j’analyse assidûment les événements en Iran. J’ai lu des livres, suivi les tables rondes sur le sujet, interviewé des spécialistes et décortiqué plusieurs émissions de télévision, en France, aux États-Unis, à Al Jazeera ainsi qu’à la chaîne arabophone iranienne Al Alam. Conclusion, l’Occident resserre méthodiquement l’étau sur le pays des Ayatollahs grâce à l’embargo pétrolier et financier.  

Dernièrement, Obama s’est même targué d’annoncer que l’embargo sème la pagaille dans l’économie iranienne. Et pour cause, le rial, la devise iranienne, a perdu 40% de sa valeur en trois mois. Une catastrophe pour le pouvoir d’achat des 78 millions d’Iraniens.

Le 20h de France2 de lundi dernier a résumé le tout dans un reportage pointu! En effet, depuis quelques années, une guerre secrète se joue dans la région. Les opérations clandestines se sont multipliées pour retarder le programme nucléaire iranien. À la clé, assassinats de militaires et d’ingénieurs iraniens, cyber-attaques et drones-espions.

À ce jour, on recense six assassinats: Mustapha Roshan, voiture piégée; Massoud Ali Mohammedi, bombe à distance; Majid Shahriari, voiture piégée; Ardeshir Hassanpour, empoisonnée au gaz; Dariush Rezai, exécuté par balle; Hassan Moghaddam, général mort avec dix hommes dans une mystérieuse explosion; Ali Reza Asragi, porté disparu en Turquie. Ce qui fait dire à un spécialiste que le taux de mortalité est très élevé chez les chercheurs iraniens dédiés au programme nucléaire.

On assiste donc à une forte guerre de l’ombre qui se base sur la technique de l’élimination physique. L’autre technique et celle de la cyber-guerre. Des experts  européens soupçonnent d’ailleurs Israël d’avoir créé des virus informatiques qu’ils ont réussi à implanter dans le matériel de techniciens russes qui font la maintenance des installations nucléaires iraniennes. Ainsi, sans le savoir, les Russes auraient contaminé toutes les installations de quoi ralentir le programme nucléaire iranien.
Or, dans le reportage de France 2, un analyste israélien affirme que la cyber-attaque ralentit le programme nucléaire, mais ne peut pas le stopper. La solution préconisée par Israël serait une attaque avec une armée qui a une portée plus puissante que l’aviation israélienne. D’où le rôle supposé des Américains.

Pour rappel, Israël a déjà bombardé un réacteur irakien, en 1981, et des installations nucléaires syriennes, en 2007. Et depuis des mois, les autorités israéliennes évoquent à mots couverts des bombardements préventifs, entraînant dans la foulée les menaces iraniennes de représailles notamment en bloquant le détroit d’Ormuz et en étalant dans ses médias ses capacités de frappe capables d’atteindre l’État hébreu.

Certes, les Américains tentent d’éviter le pire. Prendront-ils le risque d’une confrontation militaire avec l’Iran? Certains croient que non. N’empêche, Obama vient de l’affirmer dans son discours sur l’état de l’Union. Dans le cas de l’Iran, «toutes les options» restent sur la table.

En effet, dans le contexte de la lutte de pouvoir que se livrent le président Mahmoud Ahmadinejad et le guide suprême Ali Khamenei, chacun d’eux est plus enclin à la surenchère qu’à des concessions envers l’Occident. Les États-Unis et l’UE ne peuvent plus, eux aussi, reculer, car cela équivaut à perdre toute crédibilité, non seulement envers l’Iran, mais également envers tout autre pays envisageant de suivre la voie nucléaire. La guerre s’impose de plus en plus comme la solution finale!

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