Élections: Les luttes à suivre à l’extérieur de Montréal
Depuis le déclenchement de la campagne électorale, les candidats aux élections municipales proposent des idées, débattent et attaquent leurs adversaires. Dans certaines villes de la région métropolitaine, la course à la mairie est chaudement disputée. Zoom sur quatre de ces luttes électorales.
Changement assuré à Longueuil
Avec le départ de la mairesse, Caroline St-Hilaire, le changement de garde est assuré à Longueuil. Sylvie Parent, qui était le bras droit de Mme St-Hilaire, a repris la direction de son parti, Action Longueuil (AL), à la suite d’une course à la chefferie controversée. Avec le slogan «Ça continue», Mme Parent compte bien poursuivre le travail accompli par l’administration sortante, notamment avec le projet Centre-Ville 2035. Elle trouvera sur son chemin son ancienne collègue Josée Latendresse qui, déçue par les jeux de coulisse entourant la nomination de la successeure de Caroline St-Hiliare, a décidé créer son propre parti, Longueuil citoyen, en ralliant du même coup sept élus d’AL et même un indépendant. La guerre que se livre les deux anciennes alliées politiques, s’accusant de plagier les promesses électorales et de véhiculer des fausses informations, teinte cette course à la mairie agitée. L’ancienne députée néodémocrate Sadia Groguhé, qui s’est aussi lancée dans la course à la mairie de Longueuil, avec la formation politique mise sur pied par Robert Myles, Option Longueuil, tente de faire sa place dans cette campagne électorale monopolisée par ses adversaires. Une chose est sûre: une femme prendra la relève à Caroline St-Hilaire.
Ça se bouscule au portillon à Laval
Sept candidats sont en lice pour diriger la troisième ville en importance au Québec. Avec son parti Mouvement lavallois, le maire sortant, Marc Demers, tentera d’obtenir un deuxième mandat. L’ancien policier, qui a mis un terme aux années houleuses marquées par les accusations de complot, de fraude et d’abus de confiance portées contre l’ex-maire Gille Vaillancourt et les déboires judiciaires de son successeur intérimaire, Alexandre Duplessis, fait face à beaucoup de rivalité. L’ancien député libéral Jean-Claude Gobé, qui avait terminé en deuxième en 2013, tentera de nouveau de lui barrer le chemin avec son parti Action Laval. Celui-ci a accueilli dans ses rangs en juin dernier un ancien adversaire, Robert Bordeleau, qui était à la tête du défunt Parti au service du citoyen. Le conseiller indépendant Michel Trottier aspire lui aussi aux plus hautes fonctions de l’administration lavalloise avec le Parti Laval, tout comme Alain Lecompte, qui siégeait aussi au conseil municipal et qui a mis sur pied sa formation politique, l’Alliance des conseillers indépendants. Sonia Baudelot, qui était candidate au poste de conseillère municipale dans L’Abord-à-Plouffe en 2013 mais qui n’avait pas été élue, souhaite quant à elle devenir la première mairesse de Laval. Elle a pour ce faire créé son parti, Avenir Laval. Deux candidats indépendants, Hélène Goupil et Nicolas Lemire, sont aussi dans la course.
La lutte contre la corruption débattue à Terrebonne
Pour la première fois depuis 20 ans, Jean-Marc Robitaille n’est pas candidat à l’élection à la mairie de Terrebonne. Malgré son absence, celui qui a dirigé la ville de Lanaudière jusqu’en 2016 et qui fait l’objet d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption est bien présent dans les débats. Les principales formations politiques tentent de s’en distancer en promettant des mesures pour assurer l’intégrité de la prochaine administration municipale. Celui qui a pris la relève de M. Robitaille après son départ et qui a fondé son propre parti, Génération Terrebonne, Stéphane Berthe, s’est vanté d’avoir notamment révisé le code d’éthique des élus et d’avoir inscrit la Ville au programme de récupération des fonds de la corruption. L’un de ses adversaires, Marc-André Plante, le chef de l’Alliance démocratique Terrebonne, propose de son côté de créer un bureau de l’intégrité, de l’éthique et de la protection des actifs, qui surveillerait notamment l’octroi des contrats. La candidate du Nouvel Élan Terrebonne, Valérie Quevillon, suggère pour sa part d’accroître la transparence de la Ville, notamment en diffusant davantage d’informations sur les décisions du conseil et en révisant l’éthique du processus d’octroi des contrats, alors qu’Antoine Hanachian, le chef d’Action Terrebonne, privilégie l’obtention d’une certification anticorruption.
Paul Leduc obtiendra-t-il un sixième mandat?
Le maire sortant de Brossard, Paul Leduc, tentera d’obtenir un sixième mandat le 5 novembre prochain. Son dernier mandat a été houleux. Il a fait l’objet de deux enquêtes de la Commission municipale du Québec: il a été blanchi pour ce qui est de l’achat de meubles par sa conjointe, mais il sera sanctionné pour ce qui est de l’utilisation de fonds publics pour une publicité partisane. Trois membres de son parti, Priorité Brossard, ont par ailleurs claqué la porte en critiquant le mode de gestion de M. Leduc, sans compter les fonctionnaires qui ont démissionné ou qui sont en congé de maladie. Paul Leduc a dit vouloir proposer de l’expérience à l’hôtel de ville de Brossard alors que d’importants projets – la construction du pont Champlain et du Réseau électrique métropolitain, se concrétiseront dans les prochains mois. Son ancienne alliée Doreen Assaad, qui a fondé le parti Brossard Ensemble, tentera de lui mettre des bâtons dans les roues, tout comme l’ancien maire de Brossard Jean-Marc Pelletier, avec le parti Renouveau Brossard. L’ancien député néodémocrate Hoang Mai s’est aussi lancé dans la course à la mairie, mais en tant que candidat indépendant.
Ailleurs au Québec
À l’extérieur de la région du Grand Montréal, des luttes électorales sont aussi à surveiller.
Une opposition plus forte à Québec?
Régis Labeaume est en quête d’un quatrième mandat à la mairie de Québec. Il fait face à cinq autres candidats, dont une seule a déjà siégé au conseil municipal de la capitale: Anne Guérette. Cette dernière est cheffe du parti d’opposition Démocratie Québec, qui présente des candidats dans les 21 districts. Actuellement, le parti de Mme Guérette n’a toutefois que trois élus. Dans la capitale, c’est le transport qui monopolise le débat électoral. L’ancien député adéquiste, Jean-François Gosselin, prône pour davantage d’investissements dans les infrastructures routières, notamment un troisième lien vers Lévis. Ses deux adversaires critiquent de ne mettre de l’avant que cette idée dans sa plateforme. M. Gosselin accuse le maire Régis Labeaume de vouloir poursuivre en secret le projet de Service rapide par bus qui a été abandonné après le retrait de la ville de Lévis. Un projet très polarisant à Québec. Son parti, Québec 21, arrive second dans les intentions de vote, après M. Labeaume. Celui-ci recueillerait plus de 50% des voix selon le plus récent sondage. En 2013, il avait été élu avec 74% des votes. Il se pourrait donc que même advenant une réélection de Régis Labeaume, son parti occupe moins de sièges au conseil municipal. À l’heure actuelle, trois sièges appartiennent à Démocratie Québec, un conseiller est indépendant et les 18 autres élus sont dans Équipe Labeaume.
La fin de l’ère Tremblay à Saguenay
Pour la première fois depuis la fusion municipale qui a créé la ville en 2001, Saguenay aura un autre maire que le coloré Jean Tremblay le 5 novembre. Devant les quatre candidats, la population semble indécise selon quelques coups de sondes réalisés dans la région. Parmi les meneurs dans la course, on trouve l’élue de l’opposition sortante Josée Néron et l’ancien député fédéral conservateur Jean-Pierre Blackburn. Ce dernier devait se présenter sous la bannière du parti de Jean Tremblay, mais est devenu candidat indépendant après avoir claqué la porte du Parti des citoyens de Saguenay (PCS) cet été, évoquant un contrôle accru des proches du maire sortant. C’est désormais Dominic Gagnon, un urgentologue de profession, qui est le chef du PCS. Le quatrième candidat est l’indépendant Arthur Gobeil, un comptable à la retraite.