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Gagnon n'a jamais craint pour sa carrière

Alexis Bélanger-Champagne, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Marie-Michèle Gagnon soutient ne jamais avoir douté que sa carrière était compromise quand elle a chuté sur la redoutable piste de descente de Lake Louise, le 30 novembre dernier.

Âgée de 28 ans, Gagnon s’est luxé l’épaule gauche et s’est déchiré le ligament croisé antérieur du genou droit, la forçant à mettre une croix sur la saison et les Jeux olympiques de Pyeongchang.

Cependant, il n’est pas question que ces blessures déraillent autrement sa carrière.

«C’est certain que c’est décevant, a-t-elle raconté lors d’une conférence téléphonique à partir de Calgary, mercredi. J’avais de bonnes sensations pour la saison. Avant la chute dans la descente, j’étais la plus rapide. C’est une façon de me dire que j’avais fait les bonnes choses. Oui, une année olympique, c’est important. Mais j’avais déjà comme but de faire un autre cycle de quatre ans par la suite. Rien n’a changé. Ce n’est qu’une année, une petite pause.»

Après plusieurs années comme spécialiste des épreuves techniques, Gagnon avait décidé de se tourner un peu plus vers les épreuves de vitesse cette saison dans l’espoir de monter sur le podium olympique en février dans l’épreuve du super combiné, qui regroupe une descente et un slalom.

Elle prévoit garder le cap lors de son éventuel retour sur les pentes.

«Le super combiné sera retiré du programme dans deux ans. C’est dommage parce que c’était une de mes dernières chances dans l’événement où j’ai eu le plus de succès, a expliqué Gagnon. Il y aura une dernière occasion aux Mondiaux à Are (en Suède, en 2019).

«Mon entraînement en vitesse cet été m’a démontré que j’avais le potentiel de ce côté. L’année prochaine lors de mon retour sur ski, je vais me concentrer sur le géant et la vitesse. Je pense mettre le slalom de côté pour un an.

«Les filles comme Lindsey Vonn et Lara Gut, elles sont bonnes en slalom, mais elles se concentrent sur les éléments qui se ressemblent le plus. Je vais faire ça l’an prochain et si ça va bien, peut-être lors des années suivantes.»

Malgré son manque d’expérience en descente, Gagnon a tenu à rappeler que Vonn, grande étoile du sport, avait aussi chuté au même endroit qu’elle le lendemain de sa propre chute.

«Ç’a été une malchance, a-t-elle dit en décrivant sa chute. Je suis arrivée un peu large au Claire’s Corner. J’ai été impatiente et j’ai lâché la pression sur le pied extérieur pour le dernier saut. Mon ski a flotté un peu, j’ai peut-être aussi frappé une balle de neige. C’est mon erreur. Le ski a flotté et a été percuté l’autre pied. C’est probablement à ce moment-là que le ligament s’est déchiré et je suis rentrée dans le filet.

«Il y a d’autres scénarios où mon manque d’expérience aurait pu avoir eu un impact. C’était une malchance. Vonn a fait la même chose le lendemain. Elle portait toutefois une orthèse. On ne dira pas que Vonn manque d’expérience, donc c’est la même chose ici pour moi.»

Gagnon est passée sous le bistouri la semaine dernière pour réparer la déchirure ligamentaire. Elle a aussi subi des réparations au ménisque du genou droit et à l’épaule gauche. Sa rééducation a commencé le lendemain et elle espère être de retour sur les pentes dans huit mois, en août.

Originaire de Lac-Etchemin, Gagnon prévoit rentrer au Québec vendredi et passer le temps des Fêtes avec sa famille dans la région de la Vieille Capitale. Elle devrait alors poursuivre sa physiothérapie au PEPS de l’Université Laval.

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