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Les premiers Capitals se souviennent de leurs débuts

William Smith / The Associated Press Photo: William Smith
Joshua Clipperton, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

WASHINGTON — Les premiers joueurs des Capitals de Washington ne voulaient qu’éviter d’être embarrassés.

Montrant une piètre fiche de 0-37-0 à l’étranger, tard lors de leur première saison d’existence, les Capitals se sont rendus à Oakland pour y affronter les Golden Seals.

Quelque chose de miraculeux s’est ensuite produit. Ils ont gagné.

«Nous avons pris la poubelle et nous l’avons signée, a mentionné l’ancien défenseur des Capitals Jack Lynch. C’était comme notre coupe Stanley. Aussi triste que ça puisse paraître, c’était vraiment un moment amusant.»

Et il s’agissait d’un des rares de la saison 1974-75 des Capitals.

Contrairement aux Golden Knights de Vegas, l’équipe d’expansion qui tire de l’arrière 2-1 contre les Capitals à l’aube du quatrième match de la finale de la coupe Stanley, la première mouture de la formation de Washington était destinée à échouer dès le début.

Abe Pollin n’avait payé que six millions $US pour amener une équipe de la LNH dans la capitale américaine — ce qui représente environ 30 millions $ aujourd’hui — alors que Bill Foley a dû débourser 500 millions $ pour bâtir une équipe dans la ville du vice.

Les 30 autres formations de la LNH ne pouvaient que protéger sept attaquants, trois défenseurs et un gardien ou huit joueurs et un gardien en vue du repêchage d’expansion pour créer les Golden Knights.

Les Capitals et les Scouts de Kansas City, qui ont joint la LNH en 1974, n’ont pas du tout eu la même chance, alors que les autres équipes pouvaient protéger 15 joueurs et deux gardiens.

«Tommy Williams, un de nos bons joueurs, disait souvent que nous avions une bonne équipe, mais qu’elle aurait dû être dans les mineures, a exprimé l’ancien attaquant des Capitals Ron Lalonde. Il n’avait pas tort si on se fie aux bassins de joueurs disponibles.»

Les Capitals de 1974-75 restent à ce jour la pire équipe de l’histoire de la LNH en fait de statistiques, concluant la campagne avec une fiche de 8-67-5 et seulement 21 points.

Lynch s’est ajouté à la formation tard lors de sa saison inaugurale, passant des Red Wings de Detroit aux Capitals dans une transaction ayant eu lieu en février. Il savait que les choses n’iraient pas bien, mais il ne s’attendait pas ça.

«J’étais sous le choc. Perdre faisait partie de nos racines, a expliqué Lynch. Les joueurs comptaient combien de parties, d’entraînements et de périodes il restait à la saison. Ils souhaitaient seulement que la saison se termine.»

On ne peut vraiment pas les blâmer.

Les défaites par cinq, six ou sept buts étaient monnaie courante. Les Capitals, qui ont utilisé trois entraîneurs-chefs à leur première saison, ont perdu des matchs 12-1 (deux fois), 11-1, 10-0, 10-2 et 10-3.

Le développement du hockey était nouveau à Washington, une région qui possédait très peu de patinoires. L’équipe, qui n’a pas participé aux séries avant la saison 1983, disputait ses parties à Landover, au Maryland. Percer le marché était difficile, car il y avait déjà des équipes professionnelles de la NFL, de la NBA et de soccer.

Maintenant âgé de 66 ans, Lynch se rappelle son passage dans plusieurs événements afin de promouvoir les Capitals, dont un qui a testé l’humilité de certains joueurs.

«Des enfants croyaient que nous étions des joueurs de hockey sur table, a-t-il indiqué en riant. Ça nous a fait un peu mal à l’ego. Ils voulaient percer ce marché et ils ont finalement réussi, mais à l’époque, c’était difficile. Le fait que l’équipe soit si mauvaise a compliqué la tâche.»

Même si les conditions dans lesquelles les Golden Knights sont entrés dans la LNH ont été complètement différentes, Lalonde a pu apprécier à quel point cette équipe tissée serrée a bien fait les choses contrairement aux débuts difficiles des Capitals.

«C’est la chose la plus difficile pour une équipe d’expansion. Nous avions des joueurs de chacune des organisations et certains étaient mécontents de la façon dont ils avaient été traités par le passé, a déclaré Lalonde. D’avoir 20 joueurs qui jouent en équipe de la sorte, comme une famille, c’est ça l’histoire à mon avis.»

Les premiers joueurs des Capitals ont trimé dur, comme l’ont fait ceux des Golden Knights, mais ils n’étaient tout simplement pas assez talentueux. Ça ne veut toutefois pas dire qu’ils n’ont pas apprécié chaque seconde de leur passage dans la LNH.

«Plusieurs enfants qui jouent au hockey au Canada n’ont jamais eu l’occasion de jouer dans la LNH. C’est ce qui nous incitait à continuer, peu importe à quel point les choses étaient mauvaises. Il y avait 100 000 enfants qui auraient voulu être à notre place», a conclu Lalonde.

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