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Une tentative de collusion sur la Rive-Nord échoue

Photo: Métro

Parce que les entrepreneurs n’arrivaient pas à s’entendre sur le partage du territoire de la Rive-Nord, le stratagème de collusion s’est avéré un «échec total», selon André Durocher d’Excavations Panthère.

Pourtant la veille, l’entrepreneur de Blainville affirmait à la Commission Charbonneau n’avoir jamais «embarqué» dans la collusion. «C’est une question de principe», avait-il dit.

Mercredi matin, il a toutefois reconnu avoir déjà tenté d’organiser le marché de le Rive-Nord, confirmant des faits allégués par l’entrepreneur Lino Zambito, en octobre dernier.

Les faits remontent à 2008. M. Durocher et trois autres entrepreneurs de la Rive-Nord avaient convenu de réunir les entrepreneurs de la région afin de «faire quelque chose», car ils ne travaillaient plus.

«L’idée, c’était de dire aux entrepreneurs que le marché de la Rive-Nord nous appartient comme [le marché appartient à d’autres] ailleurs, a expliqué M. Durcoher. C’était de dire aux entrepreneurs, si vous êtes intéressés à vivre et à survivre, ben venez à notre rencontre et on va en discuter.»

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Le 10 mai, ils ont réuni une vingtaine d’entrepreneurs au Ramada Inn de Blainville. M. Durocher, qui avait «la parole facile», était l’organisateur de la journée. Une fois sur place, les entrepreneurs ont tenté de se séparer les contrats et le territoire de la Rive-Nord.

«Ma famille était vraiment contre ça…mais il vient un temps où tu ne sais plus où te garrocher. T’as des équipements à payer, des hommes à faire travailler pis là, on te dit qu’il y a un système de collusion partout sauf où on est. On se fait manger la laine sur le dos. Il reste quoi», a-t-il demandé, en référence aux entrepreneurs de Montréal et de Laval.

Cependant, la collusion est apparue plus facile à imaginer qu’à mettre en place. «Après deux heures et demie […] la chicane a pogné […] On voulait partager le gâteau, mais tout le monde voulait le même morceau», a indiqué M. Durocher.

«C’est la tache qu’Excavation Panthère a son dossier, a-t-il reconnu tout en faisant un signe des doigts pour qualifier la tache de petite. Je n’ai pas à me vanter de ce que j’ai fait. J’ai vraiment du regret […] quand t’es en survie, tu ferais n’importe quoi, c’est ce que j’ai fait »

Lino Zambito était d’ailleurs présent à cette rencontre. Il avait témoigné en octobre dernier à ce sujet et affirmé qu’il trouvait la démarche «malhabile».

Un cancer qui s’étend depuis 2002
En contre-interrogatoire, M. Durocher a eu l’occasion d’expliquer que la collusion s’est propagée en dehors de Montréal et de Laval, ville par ville comme un «cancer» à partir de 2002. «Le cercle s’est vraiment fermé à partir de 2005, c’était plus vivable. 2007, c’est encore pire […] c’était rendu jusqu’à l’Assomption. C’est rendu loin!», a-t-il précisé.

En 2009 et 2010, la médiatisation de cas de collusion a apporté des changements dans la pratique. Mais comme, selon lui, il n’y a pas eu de sanctions et de conséquences envers les entrepreneurs, les vieilles habitudes ont repris le dessus en 2011.

L’entreprise de M. Durocher a fermé ses portes en 2011.

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