Helen Mirren dans The Last Station: De reine à diva
Dans le film The Last Station, l’actrice oscarisée Helen Mirren incarne une fois de plus une grande figure historique, celle de Sophie Tolstoï, la fougueuse épouse du grand écrivain russe connue pour avoir été en désaccord avec les conceptions de son mari et les disciples de ce dernier. Nous avons rencontré Helen Mirren.
Comment arrive-t-on à rendre sympathique un personnage aussi mélodramatique que celui de Sophie Tolstoï?
Le fait qu’elle soit une diva peut vous aliéner le public très rapidement. L’idée n’est pas de faire en sorte que les spectateurs l’aiment, mais qu’ils la comprennent. Il fallait qu’on sente ce qu’elle éprouvait, ce qui était sa réalité. Vous savez, j’ai vu le film, et il y a une scène où je gâche tout. Il y a de ces moments où on se regarde et où on se dit : «Oh non! Tu ne devrais pas faire ça. C’est mauvais, mauvais, mauvais!» Mais c’est là, c’est comme ça, et on ne peut pas l’effacer.
Qu’est-ce qui vous a attirée dans le personnage de Sophie?
Elle a un tempérament volcanique… De plus, on m’a proposé le rôle peu de temps après que j’ai joué dans The Queen. Et en tant qu’actrice, on rêve toujours d’interpréter un personnage qui soit à l’opposé de celui qu’on vient d’incarner. La reine Élisabeth II était très refoulée, très intériorisée. Sophie est tout le contraire.
Jouer une comtesse après avoir interprété autant de reines… Est-ce une déchéance?
Toutes les comédiennes de mon âge se retrouvent à jouer une reine à un moment ou à un autre,
car ce sont souvent des personnages intéressants à propos desquels on a envie d’écrire des films ou des pièces. La plupart des actrices ont l’occasion d’incarner une ou deux reines.
Vous êtes une nouvelle fois pressentie pour un Oscar. Attendez-vous impatiemment la saison des galas?
Je me souviens que, la dernière fois, j’ai assisté àd’interminables soirées. J’étais toujours la dernière à me lever. C’était un vrai supplice. «Laissez-moi rentrer à la maison, s’il vous plaît! Donnez-moi à boire!» Tous les autres s’amusaient comme des petits fous pendant que moi je restais assise là. Mais bon, de tels galas sont importants pour des productions du genre de The Last Station.
C’est un petit film qui n’a pas un énorme budget pour la publicité. Les petits films indépendants sont tellement difficiles à faire connaître! Et au cours des prochaines années, ça pourrait devenir encore plus difficile. J’adore les blockbusters. Avatar est fabuleux. Mais le cinéma doit être plus diversifié que ça.
Vous jouerez bientôt dans une adaptation de La tempête de Shakespeare et y assumerez un rôle qui est à l’origine masculin…
C’était pour me donner l’occasion de jouer un grand rôle shakespearien. Parce que Shakespeare
– que le diable l’emporte! – n’a créé que des rôles féminins merdiques. Ils sont tous merdiques. Alors, la seule façon pour moi de jouer un bon rôle shakespearien était qu’on change le sexe de l’un de ses personnages masculins.
The Last Station
En salle dès vendredi