Soutenez

Lapointe en coulisses, Gainsbourg sur scène

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Seules les femmes feront entendre leur voix pendant Initiales S.G., l’hommage à Serge Gainsbourg qu’offrent ce mercredi les FrancoFolies à la Place des arts. Et même si cela signifie qu’il reste dans l’ombre,  Pierre Lapointe, qui signe la mise en scène du spectacle, n’en est que plus emballé. «C’est l’une des rares fois où je vais pouvoir voir un spectacle que j’ai monté, dit-il. Ça fait mon affaire de ne pas chanter!»

C’est justement l’angle féminin proposé par Laurent Saulnier, le vice-président à la programmation des FrancoFolies, qui a interpellé Lapointe et lui a donné envie de s’investir dans ce projet. «J’aimais l’idée de mettre de l’avant les chanteuses qui ont chanté Gainsbourg, les femmes pour qui il a écrit», lance le metteur en scène. Et, cerise sur le gâteau, les FrancoFolies lui laissaient carte blanche. «Comme je commence à en avoir ras le bol des hommages CD et des trucs un peu clichés qu’on a entendus dans les dernières années, je me suis dit que j’allais pouvoir essayer de faire mieux que ce que je considère comme ordinaire, s’esclaffe-t-il. Je me suis mis la barre un peu haute, disons!»

Afin de bien représenter l’œuvre éclectique du célèbre chanteur français, Pierre Lapointe a fait le pari de réunir des femmes très différentes les unes des autres, mais dont les styles se marieraient bien. Et surtout, il voulait des chanteuses charismatiques aux fortes personnalités.

On retrouve donc parmi celles-ci Arielle Dombasle, «qui est une personnalité publique extrêmement connue en France, comme la plupart des femmes pour qui Gainsbourg a écrit», explique le metteur en scène. Monia Chokri, «la comédienne intello par excellence», lui rappelle Anna Karina; Clara Furey représente quant à elle «toute l’émotion que Gainsbourg peut transmettre dans ses chansons». Frannie et Fab, du groupe Random Recipe, «sont là pour casser complètement l’idée stéréotypée qu’on peut avoir des chansons de Gainsbourg, parce qu’elles les revisitent de façon assez extraordinaire et personnelle», ajoute Lapointe. Et finalement, Betty Bonifassi, de l’avis du chanteur «une grande personnalité scénique à la voix magnifique», sera aussi de la partie.  

Inutile de préciser que les artistes ont eu leur mot à dire quant au choix des pièces qu’elles interpréteraient. «J’ai fait assez de shows hommages pour savoir que c’est plate de l’interpréter une chanson que t’as jamais entendue avant, assure Pierre Lapointe, Quelqu’un qui a envie de chanter une pièce, c’est quelqu’un qui va la rendre de belle manière, et c’est ça qui va donner un spectacle intéressant.»

Le chanteur a lui aussi décidé de se faire plaisir en se payant un «trip de musicien» : «J’ai fait des choix instrumentaux qui étaient peut-être inhabituels pour un hommage, dit-il. Ce ne sont que des instruments à cordes pincées, avec des micros d’ambiance qui sont placés pas très loin des musiciens. Un monochrome musical de ce genre, ça nous sort automatiquement des clichés. Ça va ajouter quelque chose de magique.»

Selon le metteur en scène, il faut absolument sortir des sentiers battus pour s’attaquer à une œuvre aussi connue que celle de Gainsbourg. «Il faut doser; on doit avoir des éléments très solides  – interprètes, musiciens, instruments – et à partir de ça, tout peut être mouvant, s’en aller de tout bord, tout côté.» Lapointe encourage d’ailleurs ses chanteuses à improviser ce qu’elles choisiront de dire (ou de ne pas dire) entre, ou pendant, leurs chansons, comme il le fait  pour ses propres concerts.  «Ce qu’on veut, c’est que les gens aient l’impression d’avoir passé une soirée avec des amis dans un salon.»

Fille spirituelle de B.B.
francofolies. Arielle Dombasle est la seule femme à avoir traversé l’océan pour venir participer à Initiales S.G. Il faut dire que la diva blonde a un rapport particulier avec l’œuvre de Serge Gainsbourg. «Un jour, j’ai participé à une émission avec Brigitte Bardot et j’ai chanté Harley Davidson, se souvient-elle. Elle m’a alors dit : « Vous êtes la seule chan­teuse qui pour­riez être ma fille. » J’en ai été boulever­sée.»

Si Arielle Dombasle n’a pas hésité avant d’accepter «l’invitation des Cana­diens» à se joindre à l’hommage, c’est notamment à cause de son amour des Amé­riques. «La dernière fois que je suis venue, j’ai trouvé que les gens ici sont très mélo­manes, très connaisseurs.» Mais c’est également en raison de ses racines mexicaines que la chanteuse est aussi attachée au continent américain.

À preuve, son dernier effort, Diva Latina, qu’elle a «glissé dans ses bagages» avant de partir. «J’ai teinté ce disque de la couleur de l’instrumentation que j’entendais à chaque coin de rue au Mexique», dit-elle. Avec ses reprises de nombreux succès de la musique latine (Porque te vas, Mambo 5), Diva Latina ne se prétend pas un album intellectuel, précise Arielle Dombasle, mais bien un objet de plaisir. «Je n’ai pris que des classiques parce que je suis comme tout le monde; les airs qu’on connaît nous emportent immédiatement, dit-elle. Je voulais qu’on entre tout de suite dans la danse, dans l’émotion.»

Initiales S.G. – Hommage à Gainsbourg
Au Théâtre Maisonneuve
Mercredi à 20 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.