La souveraineté encore au menu
Les États généraux sur la souveraineté du Québec entament leur deuxième phase. Un exercice qui se fait dans un relatif anonymat.
Alors que le Sommet sur l’enseignement supérieur a déchaîné les passions dernièrement, les États généraux sur la souveraineté peinent à attirer l’attention médiatique. Comme lors du lancement, il y a un an, seuls une poignée de médias étaient présents au dévoilement du contenu de la grande assemblée générale du 6 avril prochain.
«C’est une initiative citoyenne, on n’a pas du tout les mêmes moyens», répond Danic Parentau, un des sept membres de la Commission des États généraux sur la souveraineté du Québec. Il souligne toutefois que cela n’a pas empêché la commission de tenir 13 assemblées régionales qui ont accueilli quelques 1200 participants, lors de la phase I.
Cette dernière visait à documenter les 92 blocages illustrant comment le système canadien empêcherait le Québec de se développer pleinement. Pour la phase II, les 500 délégués attendus à Québec le 6 avril plancheront sur trois chantiers, a indiqué Gilbert Paquette, président du Conseil de la Souveraineté du Québec. Cette phase vise à prioriser certains thèmes et à trouver des solutions aux blocages.
Le premier chantier sera intitulé La souveraineté populaire et le pouvoir constituant. Il vise notamment à promouvoir une nouvelle approche mettant en valeur la souveraineté du peuple avant celle de l’État. Une thématique toujours porteuse, un an après le printemps érable, selon l’un des commissaires, Sébastien Ricard.
Les deux autres chantiers viseront à réconcilier économie et souveraineté et à établir les jalons du futur plan d’action du Conseil de la souveraineté.
Du côté des opposants à la souveraineté, l’analyse est toute autre. «Aujourd’hui, plus que jamais, l’unité canadienne constitue pour toutes les provinces, y compris le Québec, un levier économique essentiel pour la prospérité, la croissance et la création d’emploi», écrit Stéphane Dion dans une note économique publiée récemment par le groupe de réflexion L’idée fédérale.
Chiffres à l’appui il clame que les règlementations fédérales uniformes, la monnaie commune, l’absence de barrières tarifaires, l’habitude de travailler ensemble «et cette chose que l’on nomme la solidarité nationale», ont permis au Québec de traverser plusieurs tempêtes économiques.