Soutenez

La passion des impôts de Silvio Loffredi

Silvio Loffredi
Silvio Loffredi remplit des déclarations de revenus bénévolement depuis plus de 20 ans. Photo: Josie Desmarais/Métro

Le printemps est une saison fort occupée pour Silvio Loffredi. Depuis plus de 20 ans, le Nord-Montréalais de 86 ans s’occupe bénévolement des déclarations de revenus des plus démunis. Il en fait plus de 200 par an, sans se lasser. Pour lui, les impôts sont devenus une véritable passion.

Comme la plupart des gens, l’ancien fonctionnaire de la Ville de Montréal a longtemps cherché quelqu’un pour remplir ses déclarations de revenus à sa place.

Mais une fois retraité, il a voulu apprendre à les faire lui-même. Il a donc décidé de devenir bénévole dans des cliniques d’impôts pour les personnes à faible revenu.

«Je me suis fait prendre au jeu», confie-t-il avec un demi-sourire.

Par la passion des chiffres? Pas seulement, soutient-il.

Ce qu’il aime surtout, c’est la rencontre, le fait de venir en aide aux gens. «Ce sont des personnes âgées, des personnes sur l’aide sociale. Des gens démunis qui ne savent pas trop comment procéder», explique-t-il.

Plus de 20 ans de bénévolat

Déjà impliqué auprès de plusieurs comptoirs d’impôts, Sylvio Loffredi a commencé à s’impliquer au Centre d’action bénévole (CAB) quand il a déménagé à Montréal-Nord, il y a environ 20 ans.

Au fil du temps, il a vu évoluer les programmes et les crédits. La façon de remplir les déclarations s’est aussi transformée, passant du papier aux logiciels informatiques. M. Loffredi ne s’ennuie pas de remplir les formulaires à la main, avec la calculatrice. «Les logiciels limitent le risque d’erreur», souligne-t-il.

La pandémie a aussi changé les choses. Les rencontres en personne ont dû être remplacées par des appels téléphoniques, un moyen de communication moins efficace pour aider les gens à comprendre et à remplir les formulaires.

«Il y a des gens qui ne savent pas nécessairement où trouver certaines cases sur les T4, ils ont parfois de la difficulté à se repérer», illustre-t-il.

C’est quelque chose que j’aimais faire, mais c’est devenu une passion. Je fais ça à longueur d’année.

Silvio Loffredi, bénévole au Centre d’action bénévole de Montréal-Nord

Idées fausses

Des M. Loffredi ne fait pas des déclarations de revenus qu’en mars et en avril. «Il y a des retardataires, des gens qui n’ont pas fait leur déclaration depuis cinq ou six ans», explique-t-il.

Il ajoute que les gens ont parfois des idées fausses sur les impôts, par exemple qu’ils n’ont pas à remplir de déclaration parce que leurs revenus sont trop faibles, ou encore qu’ils auront à payer de l’impôt même s’ils reçoivent de l’aide sociale.

Mieux vaut se tourner vers le CAB que d’en parler à son voisin, au risque de se priver de précieux retours et crédits d’impôt, voire de s’exposer à des pénalités, affirme-t-il.

Notre journaliste devra cependant se tourner vers quelqu’un d’autre, ses revenus dépassant la limite permise pour l’aide offerte.

«Avec les nombreux crédits, c’est devenu compliqué, surtout au Québec. Les bénévoles, on est des experts de l’impôt simple», conclut M. Loffredi.

Chaque semaine, une sélection des nouvelles de votre arrondissement.

Nos infolettres vous suivent partout.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.