Modernisation du site de Radio-Canada: le projet doit tenir compte du passé
Le quadrilatère historique de Saint-Pierre-Apôtre, voisin de la tour de Radio-Canada, doit être intégré au projet de modernisation du site, croit un regroupement de citoyens et d’organismes du quartier, qui a interpellé hier la société d’État et la Ville de Montréal.
«Soyons bien clairs. Nous appuyons et nous saluons le projet de développement de la Société Radio-Canada, qui veut favoriser le retour des familles dans le quartier et la mixité sociale, a indiqué le directeur général du Centre Saint-Pierre, Raymond Levac. Mais nous avons des préoccupations concernant le sort des gens qui résident ici ou fréquentent le quartier et l’intégration du site Saint-Pierre-Apôtre dans le projet.»
Le projet de 1,6 G$ de Radio-Canada, qui s’étalera sur 10 ans, prévoit la construction d’une vingtaine d’édifices pouvant aller jusqu’à 11 étages dans le quadrilatère formé de René-Lévesque, Papineau, Viger et Wolfe. La fameuse tour radio-canadienne serait, quant à elle, convertie en immeuble à logements ou en hôtel.
«Avec le complexe de luxe que veut construire Radio-Canada et les nouveaux commerces qui vont venir s’y implanter, j’ai peur que le coût de la vie ne soit plus abordable… La mixité sociale prônée par le projet est un souhait très pieux, mais je me demande comme il va s’intégrer dans le quartier. Radio-Canada veut-elle être dans le village ou en dehors?» a soulevé le curé de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre, Yoland Ouellet.
«Un devoir de mémoire»
Le quadrilatère Saint-Pierre-Apôtre, qui regroupe entre autres le Centre Saint-Pierre, l’église de la paroisse, vieille de 160 ans, surnommée la «cathédrale du village», ainsi que la maîtrise des Missionnaires des Oblats, a été classé site historique par le ministère de la Culture en 1977. C’est aussi l’un des rares témoignages de l’existence du «faubourg à m’lasse» rasé dans les années 1960 pour permettre l’établissement de Radio-Canada.
Le regroupement Saint-Pierre-Apôtre, qui réunit le Centre Saint-Pierre, la paroisse et les Missionnaires des Oblats, soutient que le projet devrait intégrer l’église et le centre en tant qu’équipements collectifs nécessaires aux futurs habitants du site afin d’assurer leur pérennité. Les Missionnaires des Oblats n’ont plus la capacité financière d’entretenir les infrastructures de Saint-Pierre-Apôtre, a affirmé le vicaire provincial de la mission, Jacques Laliberté.
«La responsabilité de maintenir un site historique ne devrait pas reposer uniquement sur un organisme à but non lucratif ou même un quartier», a poursuivi M. Levac. Le regroupement suggère entre autres que l’église puisse servir de salle de spectacle.
Le regroupement Saint-Pierre-Apôtre déposera aujourd’hui son mémoire à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Le dépôt des mémoires concernant ce projet se termine demain.