RTL – Le syndicat réagit aux allégations d’intimidation
Accusés d’instaurer un climat d’intimidation au sein du syndicat des chauffeurs du Réseau de transport de Longueuil (RTL), deux membres de l’exécutif se sont entretenus avec Métro pour réfuter les allégations formulées contre eux. Ils se disent eux-mêmes victimes d’intimidation de la part de leurs opposants.
Jean-François Larose, directeur aux griefs, et Marc Gingras, directeur du garage Saint-Hubert, ont accueilli Métro dans leurs bureaux du chemin de Chambly, à Longueuil. Point par point, ils ont réfuté les accusations d’intimidation.
Ils affirment au contraire être visés par des insultes de la part de chauffeurs et de candidats qui se sont présentés contre eux aux élections syndicales. Surtout depuis la sortie des reportages récents à leur sujet.
«Si c’est rendu que d’être dans le syndicat c’est de se faire planter par ses membres non stop…», entame M. Gingras.
Entre autres, un meme généré par l’IA montrant M. Gingras circule sur les réseaux sociaux. On le voit avec une casquette rouge affichant «Make la clique great again» et une pancarte disant «Mon retour sera terrible».
Intimidation de candidats
M. Gingras et M. Larose nient avoir encerclé et suivi des candidats aux élections syndicales, comme nous le rapportions la semaine dernière.
«Il y a eu un moment où nous sommes arrivés au Terminus de Longueuil», raconte M. Larose. «[L’autre équipe de candidats] était là et ils parlaient à des collègues. Nous aussi, on est allés parler à des collègues. On n’a pas, d’aucune façon, intimidé qui que ce soit. […] Il n’y a pas eu de mots ou de regards disgracieux qui ont été échangés.»
«Que quelqu’un ait suivi quelqu’un d’autre dans le stationnement, non. Ça ne s’est pas produit», ajoute Marc Gingras.
Le lendemain la rencontre entre Métro et les deux syndicalistes, nous avons reçu quatre messages de chauffeurs qui dénoncent les allégations formulées par certains de leurs collègues.
«Ces quelques individus parlent pour une minorité. Ce n’est que par vengeance, en plus. Je suis chauffeure depuis 28 ans j’en ai donc vu des histoires! Mais jamais rien de ce que vous avez rapporté», affirme une personne.
«Malheureusement, il semble que soit vos sources vous ont menti ou vous n’avez pas poussé vos recherches assez loin. Plusieurs points de votre article sont mensongers et ne reflètent pas la vraie situation», affirme un autre.
N’empêche, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), auquel est affilié le syndicat des chauffeurs, confirme avoir reçu une quinzaine de plaintes pour intimidation en lien avec la situation au local 3333.
«Nous faisons enquête et procèderons si les conclusions nous le dictent», affirme Lisa Djevahirdjian, porte-parole du SCFP.
Quant à l’allégation comme quoi Marc Gingras aurait bloqué les candidatures au poste de directeur de garage en se relayant avec des collègues pour surveiller la boîte de dépôt des candidatures, l’homme exclut toute possibilité d’avoir pu agir ainsi. Il souligne qu’il n’y avait pas une, mais bien trois boîtes de candidatures à trois emplacements différents.
Exclusion du président
Jean-François Larose nie aussi avoir exclu d’une quelconque façon le président Jean-François Lussier. M. Lussier est parti en congé de maladie au mois de mars, citant le climat de travail toxique au syndicat.
«M. Lussier, il avait de la difficulté à nous dire « bonjour » le matin», dit-il.
M. Larose ajoute que le président avait de la difficulté à s’acquitter de ses responsabilités, notamment lorsqu’il y a eu des démissions au sein de l’exécutif.
«Il n’a pas accusé réception des démissions. Il n’y a pas donné suite. Il n’a pas demandé une réunion du comité exécutif pour déclencher des élections. On dirait qu’il avait de la difficulté à prendre les décisions qu’il devait prendre.»
Notamment, M. Larose nie avoir exclu M. Lussier de la table du syndicat lors d’un événement régional à Trois-Rivières. Selon ses dires, le président est allé directement s’asseoir à une autre table sans jamais adresser la parole à ses collègues.
Quant à M. Lussier, dans une lettre diffusée aux membres du RTL il y a deux semaines, il avance que M. Larose lui avait dit explicitement – la veille – qu’il n’était pas le bienvenu.
Il confirme aussi qu’il se buttait à des portes closes au local du syndicat, chose que nie Jean-François Larose.
M. Lussier a aussi contacté Métro pour répondre à certaines allégations qui, dit-il, circulent à son sujet au sein du syndicat. Concernant la prise de décisions, il souligne qu’elles sont votées par l’ensemble des sept membres de l’exécutif, qui est contrôlé par ses opposants.
«Je trouve ça quand même drôle de dire ça… Le président c’est le seul membre de l’exécutif qui n’a pas de droit de vote! J’ai seulement un vote de bris d’égalité. Ce sont les six autres qui votent, et ils sont contre moi», lance-t-il.
M. Lussier tempère toutefois une des allégations transmises par d’autres chauffeurs et publiées par Métro et par la radio 103,3 FM. L’accès à ses courriels et autres outils ou à la documentation syndicale ne lui a jamais été refusé.
Erreur dans la convention collective
Certains syndiqués se sont plaints d’un problème avec la convention collective signée en octobre dernier. L’article qui traite de l’ordre d’assignation des chauffeurs diverge entre la version présentée aux membres et celle effectivement adoptée.
Jean-François Larose et Marc Gingras admettent qu’il y a eu une erreur. Mais l’erreur se trouve dans la version qui a été présentée aux membres. L’exécutif a fait changer l’article problématique avant la signature de la nouvelle convention, mais après le vote par les syndiqués.
Les deux hommes admettent qu’ils auraient dû faire approuver le changement. Ils ajoutent toutefois que la modification est mineure et qu’aucun syndiqué n’est lésé par cette situation.
M. Larose confirme aussi qu’il a envoyé une mise en demeure à un syndiqué qui souhaitait déposer une plainte. La mise en demeure demande au syndiqué d’effacer la publication et de cesser de distribuer des informations le concernant.
«Je n’ai pas de problème à ce que les gens se plaignent. Ça fait partie du processus. […] Mais laisse suivre l’enquête», dit-il.