Québec pourrait économiser en baissant le prix des médicaments génériques
Québec pourrait sauver des millions de dollars en modifiant sa façon de fixer les prix des médicaments génériques couverts par le régime général d’assurance médicaments (RGAM). C’est ce qui ressort d’un rapport de recherche effectué pour le compte du commissaire à la santé et au bien-être du Québec, rendu public hier (mercredi).
«La politique de tarification actuelle doit être revue pour s’assurer que les contribuables paient un prix juste et raisonnable pour leurs médicaments», estime Caroline Cambourieu, chercheure à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM) et co-auteure du rapport, une collaboration avec l’Université de Toronto et l’Université de Calgary.
«Étant donné les sommes substantielles investies dans le remboursement de ces médicaments, les gestionnaires du régime public se doivent de mettre constamment à jour leurs pratiques afin qu’elles soient adaptées au marché. Ce n’est nécessairement le cas actuellement», croit Mme Cambourieu. Les données examinées pour cette recherche indiquent d’ailleurs que les prix des médicaments génériques au Canada sont parmi les plus élevés des pays occidentaux.
Les chercheurs suggèrent donc l’adoption d’un nouveau mode de fixation des prix par le gouvernement, la tarification dégressive. Le principe est le suivant : plus il y a de fabricants qui vendent un type de générique, plus le prix sera bas. Lorsqu’il n’y a qu’un seul joueur sur le marché, le prix du générique est fixé à 50% du prix du médicament d’origine. Si un deuxième fabricant s’ajoute, le prix de ce type de générique est porté à 25%. À trois, il tombe à 20%, et ainsi de suite.
Cette technique permettrait-elle d’obtenir les prix le plus bas possible? C’est ce qu’avance le rapport. En 2011, les chercheurs ont simulé l’application d’une politique semblable pour rembourser 10 des médicaments génériques représentant les plus importantes dépenses du régime public. La conclusion est qu’elle aurait entraîné une réduction des coûts d’environ 122 M $.
Le rapport, intitulé Fixation des prix des médicaments génériques au Québec, essuie déjà les critiques de l’Association canadienne du médicament générique (ACGM), qui avance que les économies qui y sont prédites sont surestimées. L’ACGM croit aussi que les chiffres auraient été différents si les données utilisées dans la recherche, qui s’arrêtent au 1er avril 2012, avaient été plus à jour.
Le prix le plus bas
Les tarifs actuels des médicaments génériques sont établis selon deux formules au Québec. Soit ils coûteront 60% ou 54% du médicament d’origine, soit on leur donnera le prix le plus bas accordé en vertu des autres programmes publics en vigueur au Canada. La deuxième règle prévaut.