La classe moyenne serait très pénalisée par la «révolution tarifaire»
Souhaitant démontrer quelles conséquences pourrait avoir la «révolution tarifaire» proposée par le ministre des Finances Raymond Bachand, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a publié mardi une étude sur les effets des hausses de tarifs envisagées. Selon les données compilées par les auteurs de l’étude, Philippe Hurteau, Guillaume Hébert et Francis Fortier, les ménages québécois issus de la classe moyenne seraient presque cinq fois plus touchées que les ménages aisés si toutes les hausses de tarifs discutées dans les domaines de l’éducation, des services de garde, de l’électricité et de la santé étaient appliquées.
Se défendant d’avoir cédés aux scénarios catastrophes, les auteurs ont affirmé vouloir illustrer jusqu’où la réorientation du gouvernement pourrait mener la population. «Il nous apparaissait intéressant d’aller plus loin que le budget Bachand, qui semble n’être qu’une amorce, a expliqué le chercheur Philippe Hurteau. On voulait aller au bout de l’exercice parce qu’on pense qu’il est encore temps de faire autrement.»
L’IRIS dit s’être basé sur les recommandations du Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques et des rapports Montmarquette et Castonguay afin de réaliser son analyse. Les hausses des frais d’électricité et des droits de scolarité ont été évaluées en fonction de l’écart qui existe entre les factures au Québec et la moyenne canadienne. L’augmentation des frais de garde a été fixée à 3 $ par jour, ce qui correspond à la recommandation du Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques.
Enfin, les auteurs de l’étude ont repris les propositions de franchise santé – récemment abandonnée – et de ponction liée au fonds santé du ministre Bachand pour évaluer les hausses des frais dans le domaine. L’addition des hausses représente une augmentation de près de 15,4% de la part des revenus consacrés à ces services pour les ménages gagnant 40 400 $ par année, après impôts. Elle est toutefois limitée à 3,5 % pour les ménages dont les revenus atteignent 194 500 $ annuellement.
Très critiques des mesures mises de l’avant par Raymond Bachand, qu’ils jugent régressives et trop près des méthodes du secteur privé, les auteurs de l’étude La révolution tarifaire au Québec ont enjoint le gouvernement à examiner d’autres avenues pour renflouer les coffres de l’État. Ils ont notamment proposé de mettre les entreprises à contribution et de réviser les paliers d’imposition pour les particuliers.