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«Marcel Côté doit faire ses preuves», dit Laurent Blanchard

Photo: Yves Provencher/Métro

C’est sans surprise que le maire par intérim de Montréal, Laurent Blanchard, se joint aux rangs de la Coalition Montréal. Il admis à Métro que son nouveau chef, Marcel Côté, devra toutefois trouver le moyen de devenir un visage plus connu des Montréalais s’il veut accéder à l’hôtel de ville.

Étiez-vous sûr de vouloir continuer en politique après votre passage à la mairie?

J’ai considéré tous les scénarios, rester ou quitter. J’aurais pu quitter la politique, après tout j’ai été conseiller de ville, président de la commission sur l’examen des contrats, président du comité exécutif, maire… J’aurais tiré ma révérence «en pleine gloire». Mais j’aime trop la politique! J’aime répondre aux demandes des citoyens, gérer les problèmes de déneigement, d’ordures, de nids-de-poule, c’est du concret.

Avez-vous longuement réfléchi avant de joindre Marcel Côté?

Oui, mais après tout, c’était naturel de suivre l’équipe de Louise Harel, avec qui je suis depuis huit ans comme conseiller de ville du district d’Hochelaga. Depuis 1994, tous les députés municipaux dans Mercier-Hochelaga –Maisonneuve ont été élus sous la bannière de Vision Montréal. Ça aurait été prétentieux de dire que, comme candidat indépendant, j’aurais eu des chances de l’emporter sur la seule base de ma personnalité.

Que pensez-vous du choix de Louise Harel de se ranger derrière Marcel Côté?

Mme Harel a eu d’excellentes chances de devenir mairesse en 2009, mais finalement elle n’y est pas parvenue. Entre temps, la solution qu’elle proposait aux Montréalais a perdu de l’intérêt, elle a fait le bon choix de céder sa place.

Et que pensez-vous de Marcel Côté, a-t-il ce qu’il faut pour diriger la métropole?

Je dois admettre que je le connais à peine. Je l’ai rencontré pour la première fois il y a tout juste deux semaines! Bon, je connaissais tout de même son nom, je savais qu’il a fondé la firme Secor, que c’est un homme de réflexion à la fois sur des enjeux fédéral, provincial et municipal. Il a ce qu’il faut. Il siège sur une vingtaine de conseils d’administration dans le domaine culturel…

Mais justement, si vous le connaissiez à peine, comment est-il censé conquérir le grand public?

C’est sûr que sa notoriété auprès des Montréalais est loin d’être acquise. Il doit faire ses preuves, c’est certain. Il a une notoriété auprès des décideurs et du milieu des affaires. Cela dit, ce n’est pas une notoriété qui fait automatiquement vendre des votes.

Marcel Côté est âgé de 71 ans, est-ce vraiment une figure de changement convaincante?

Les facteurs personnels peuvent toujours nuire à une personnalité politique, que ce soit l’âge de M. Côté, ce peut aussi être la jeunesse de Mélanie Joly ou le poids de Denis Coderre. Mais tout ça c’est absurde, il faut s’attarder au contenu selon moi.

Dans quelques semaines, la campagne électorale prendra fin, tout comme votre court mandat de maire. Comment avez-vous aimé l’expérience?

Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir évité à Montréal d’être mise sous tutelle. J’ai aussi aimé mon expérience en général, puisqu’être maire, c’est avoir le droit de regard sur toutes les décisions. Mais c’est exténuant. Toutefois, je suis très satisfait des accomplissements de notre administration: par exemple, la relocalisation du centre de service animalier, la mise en place de plus de bornes de recharge électriques, l’adoption à l’avance du programme triennal d’immobilisation…

Vous êtes très favorable à l’idée d’une administration municipale gérée par une coalition. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, croit plutôt que cette formule ralentit les prises de décisions.

Il a tort. C’est un enrichissement de faire travailler ensembles des individus de différents spectres politiques. Toutefois, il est certain que si l’équipe de Marcel Côté est au pouvoir, il est souhaitable d’avoir un comité exécutif formé d’élus de tous les partis, mais avec une majorité d’élus de notre parti. Le maire doit garder l’équilibre parmi ses troupes.

Et vous, souhaitez-vous faire partie du futur comité exécutif?

Je fais confiance à Marcel Côté, s’il est élu, il choisira les personnes appropriées pour siéger sur ce comité. J’espère bien que mon expérience sera prise en compte dans son calcul.

  • Questions en rafale

Un bon coup en tant que maire? D’avoir maintenu une stabilité politique, sans scandale ni turbulence.

Un moins bon coup en tant que maire? De ne pas avoir assez encadré le débat sur le BIXI, d’avoir laissé des gens dirent qu’il est au bord de la faillite. Ça va nuire à l’image à l’international lorsqu’on va soumissionner sur de nouveaux projets.

Un élu de l’opposition que vous admirez? Josée Duplessis, présidente du comité exécutif et conseillère du district DeLorimier à Projet Montréal, pour sa rigueur.

Un élu de l’opposition que vous appréciez moins? Alex Norris, conseiller de ville du district Mile-End à Projet Montréal, il manque de respect envers l’institution.

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