Quatre idées en transport pour inspirer Montréal d’ici 2017
En 2017, Montréal accueillera le Congrès mondial sur les systèmes de transport intelligents. Il reste donc quatre ans pour redresser la barre dans le domaine du transport. Heureusement, le congrès de 2013, qui se tient actuellement à Tokyo, compte quelques représentants montréalais qui sont allés sur place glaner de l’inspiration. Pierre Lussier, vice-président du Jour de la Terre, y présente un ambitieux projet de taxi-partage. Voici quelques idées présentées à Tokyo qui, selon lui, pourraient inspirer Montréal.
La voiture autonome
Dans la foulée du Googlecar (la voiture que même les aveugles pourront conduire), plusieurs fabricants, dont Nissan, Renault et Mercedes, explorent ce concept. «La question n’est plus de savoir si des voitures autonomes rouleront sur nos routes, mais plutôt quand et comment», clame Pierre Lussier.
D’après la dernière conférence de Google, la première voiture est prévue pour 2015, mais elle ne sera que semi-autonome au début et prendra le contrôle uniquement en cas de danger. «Pour l’autonomie complète, cela prendra une gestion satellitaire. On parle alors d’un volume de données d’un gigaoctet par minute et par auto. Imaginez un peu la quantité de serveurs et d’électricité que cela prendra pour avoir un parc complet de voitures autonomes», ajoute le VP du Jour de la Terre, qui se questionne sur l’impact de cette structure pour l’environnement.
M. Lussier a par contre été impressionné par un système équivalent qui permet de conduire un convoi de plusieurs camions. Tous sont reliés entre eux et quand le premier freine, tous freinent automatiquement. En gardant moins de quatre mètres entre chaque camion, on atténue ainsi la friction due à l’air, ce qui diminuerait les émissions GES de 15% à 20%.
La reconnaissance faciale
Cette technologie fait partie de toute la gamme de produits d’aide à la conduite.
Dans le cas présent, un système laser mesure six points dans chaque œil et une quarantaine d’autres sur le visage. Si les paupières se ferment ou que la tête bascule, une alerte se déclenche pour réveiller le conducteur.
Au Québec, la fatigue au volant est la troisième cause de décès sur les routes, avec 116 victimes en moyenne par année.
Les autobus électriques
Cet hiver, le modèle chinois de BYD tentera de redorer le blason des autobus 100 % électriques, qui ont obtenu des résultats peu concluants jusqu’à présent au Québec.
Les minibus italiens de Québec ont eu de nombreux problèmes techniques en cinq ans. Les modèles américains commandés par la Société de transport de Montréal (STM) sont sur la glace depuis que la société Design Line s’est placée sous la protection de la loi sur la faillite.
«La technologie des piles électriques n’est pas encore éprouvée», clamait il y a un mois le président de la STM, Michel Labrecque, pour qui l’électrification complète de la flotte ne sera atteinte qu’en 2050.
Pierre Lussier note toutefois que la technologie avance rapidement. «Plusieurs constructeurs présentent des techniques de recharge rapide par biberonnage ou par induction sans fil», dit-il.
Une idée pour la STM et le gouvernement du Québec, qui songent à ramener les trolleybus sur le boulevard Saint-Michel? La STM croit qu’il est encore tôt pour le dire, mais elle confirme vouloir tester ces deux techniques de recharge.
Le taxi-partage
Le Jour de la Terre et Taxi Diamond lanceront le 25 octobre un système de taxi-partage à Montréal. Ils sont actuellement à Tokyo pour présenter l’initiative intitulée tjrs.org (Tous les jours).
En s’inscrivant une heure à l’avance, un client pourra désormais choisir l’option de partage du taxi qui permettra de partager la facture à plusieurs si d’autres clients montent en chemin pour un trajet similaire. Un trajet vers l’aéroport coûtera moins de 20 $.
«Les clients sauront à l’avance le coût de la course et qui montera avec eux», indique Pierre Lussier.
Le service fonctionnerait comme celui du transport adapté pour les personnes à mobilité réduite, mais avec beaucoup plus de souplesse. Selon M. Lussier, ce nouveau service ciblera notamment les personnes âgées et ceux qui veulent se débarrasser de leur auto tout en disposant d’un chauffeur à prix abordable.
