Montréal, l'envers du décor
Anonymes, discrètes et souvent oubliées, les ruelles de Montréal renferment souvent des secrets bien gardés. C’est du moins ce que fait découvrir le photographe Maxime Lefin dans son livre de photographie Ruelles de Montréal, publié récemment aux éditions Broquet. «Je cherchais autre chose à photographier que ce qu’on voit tout le temps», explique Maxime Lefin, amoureux de Montréal, qui en est à sa deuxième publication sur la ville après Réflexions sur Montréal.
Les ruelles font partie du paysage de la ville depuis plus de 160 ans. En effet, la «vraie» ruelle apparaît à Montréal en 1846, relate dans Ruelles de Montréal la sociologue Nicole Lacelle, qui a rédigé les blocs de texte qui divisent le livre en sections. Selon le Centre d’histoire de Montréal, avant leur apparition, la multiplication des logements sur l’île avait obligé la Ville à créer des voies de service donnant accès aux cours arrière par des portes cochères. Les ruelles sont ensuite arrivées, avec la mise en vente des fermes bourgeoises et la planification urbaine qui a suivi, élaborée par des architectes britanniques.
Et quand on demande à Nicole Lacelle si Montréal serait la même sans ses ruelles, celle-ci répond par la négative. «Quand on se promène dans des villes où il n’y a pas de ruelles, c’est comme si on les cherchait, soutient la sociologue. Elles donnent non seulement du charme à la ville, mais sont aussi un lieu de convivialité particulière. Les voisins se parlent plus dans la ruelle, à l’arrière des bâtiments, qu’à l’avant, où la porte d’entrée n’est souvent qu’un lieu de passage.»
Ces belles inconnues…
Mais bien qu’elles soient partie prenante de la ville depuis longtemps, les ruelles ne sont souvent connues que par leurs proches habitants. Or, celles-ci cachent souvent de belles surprises, selon le photographe qui les a arpentées à temps perdu pendant un an. «Les ruelles, c’est la campagne en ville, souligne M. Lefin. Il y a du trafic partout, mais dès qu’on entre dans une ruelle, on change de monde, c’est calme. Dans certains endroits, les gens les entretiennent beaucoup, en font leur petit coin dans le quartier.»
Les ruelles prennent d’ailleurs tranquillement la place qui leur est due à travers la ville grâce notamment à certains organismes comme Place au soleil et Ruelle verte qui travaillent en ce sens. Ce dernier organisme valorise la renaturalisation des milieux urbains, entre autres dans les ruelles, tentant ainsi de remédier à plusieurs problèmes des grandes villes.
Ruelles de Montréal
Éditions Broquet