Le transport maritime prend un virage vert
Le secteur maritime est un joueur important qui participe largement au développement économique. De plus, il offre de nombreuses perspectives d’avenir.
Pourtant, ce domaine souffre d’un sérieux manque de main-d’œuvre et tente d’attirer de nouvelles recrues.
«Les métiers liés au secteur maritime sont très peu connus de la population en général», déplore Laurent Legault, enseignant et coordonnateur du département de Technologie d’architecture navale à l’Institut maritime du Québec (IMQ). «Les difficultés qu’a connues La Davie n’ont pas aidé, même si d’autres chantiers et entreprises cherchent activement à combler leurs besoins de relève!»
Situé à Rimouski, l’IMQ est le seul centre de formation maritime francophone du Canada, en plus d’être le plus important. Et avec son taux de placement de 100 %, le DEC Technologie en architecture navale est donc une belle porte d’entrée pour intégrer un marché du travail aux multiples besoins, au Québec et à l’étranger, ou encore pour poursuivre son apprentissage, à l’université, par exemple.
«Les élèves apprennent toutes les étapes entourant la construction d’un bateau», explique Jean-Claude Laurin, lui-même diplômé en architecture navale. «Un navire est comme une petite ville, il doit être autonome», continue celui qui est maintenant gestionnaire de projets et associé à Concept Naval Experts Maritimes Inc.
Que ce soit pour concevoir une nouvelle structure, la construire ou encore pour y apporter des améliorations ou y faire des réparations, les futurs technologues en architectures navales sortiront de l’IMQ avec les connaissances qui leur permettront d’évoluer dans la carrière de leur choix.
Une industrie qui suit la vague environnementale
«Il faut libérer nos routes et emprunter le fleuve!», insiste Claude Mailloux, directeur général du Comité sectoriel de l’industrie maritime, dont le chiffre d’affaires était de plus de 3 milliards en 2010. «Le transport maritime est beaucoup plus vert que les autres.»
En effet, quand un seul navire transporte 25 000 tonnes de marchandises, il faudra alors 870 camions ou 225 wagons, selon la société de développement économique du Saint-Laurent (SODES).
Et c’est sans compter sur l’efficacité énergétique de ce mode de transport, qui consomme environ cinq fois moins que le transport routier, sur l’aspect sécuritaire, le taux d’accidents étant considérablement moins élevé, et la faible pollution sonore qu’il engendre, entre autres.
Le programme Alliance verte a donc été fondé en 2007 par plusieurs associations dans le but de réduire les impacts négatifs de l’industrie sur l’environnement. «La volonté de l’industrie d’emprunter un virage plus vert contribue largement à la forte demande de main-d’œuvre. Les structures doivent donc être adaptées, et plus les armateurs sont occupés, mieux c’est!», conclut M. Laurin.
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Faits saillants
- Le salaire annuel moyen des diplômés à leur entrée sur le marché du travail se situe entre 40 000$ et 45 000$.
- Le salaire annuel d’un technologue en architecture naval peut aller jusqu’à 85 000$.
- Au Québec, 36% des travailleurs occupent un poste navigant tandis que 64% d’entre eux travaillent à terre.
Sources : Comité sectoriel de l’industrie maritime et Institut maritime du Québec
Quand la mer suscite des passions
- Nom. Jean-Claude Laurin
- Depuis 2005. Gestionnaire de projets et associé à Concept Naval Experts Maritimes Inc.
- Formation. DEP Technologie en architecture navale à l’Institut maritime du Québec à Rimouski
- Dans la profession depuis. 1997
Pourquoi avez-vous choisi cette formation?
Tout petit déjà, j’étais attiré par l’industrie maritime. Je passais mes vacances à bord d’un voilier et je me suis toujours posé des questions techniques, par exemple pourquoi le voilier ne chavirait pas? Après le secondaire, un conseiller d’orientation m’a parlé du DEP Technologie en architecture navale et, même si mon entourage me décourageait parce que de nombreux chantiers fermaient à l’époque, je me suis lancé!
Quelles sont vos principales tâches?
En fait, je fais plus de gestion que de dessin au sein de la compagnie. Mais habituellement, le rôle du technicien en architecture navale est d’élaborer des plans d’arrangement et d’essayer de comprendre tous les aspects d’un navire. Selon la commande, un ajout d’équipement ou une réparation, il doit établir ce qui est faisable ou non, en prenant compte de la mécanique, de la structure et de la stabilité d’un navire.
Quelles qualités doit-on posséder pour travailler dans ce domaine?
Tout d’abord, il faut être passionné par les bateaux! La curiosité et la minutie sont aussi des qualités essentielles, en plus d’un intérêt pour les sciences. Et puis, je pense sincèrement qu’il faut être humble et ne pas hésiter à mentionner quand on n’a pas bien compris!
Quels aspects de votre travail préférez-vous?
Chaque jour est différent; les clients arrivent avec de nouveaux défis et ça nous permet de développer nos compétences, tant au niveau de l’innovation que de l’expertise. Et comme l’environnement prend une place importante dans l’industrie, il faut aussi apprendre à composer avec ça!
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut travailler dans l’industrie?
Je lui conseillerais d’entrer en communication avec différentes compagnies et de passer une journée sur un chantier. C’est important d’essayer de comprendre les enjeux du domaine et de valider les préjugés que l’on peut avoir.
