Les traverses à Montréal-Nord
Quant à la traverse d’Amable Corbeil, elle était située au bout de l’avenue L’Archevêque, à Montréal-Nord.
Le 11 septembre 1804, Joseph Sigouin vendait son droit de traverse ainsi qu’un emplacement comprenant une maison de pierre et une écurie à son frère Michel. Le 2 août 1813, il formait une société avec Louis Laporte, dit Saint-Georges, bedeau de la paroisse, pour exploiter la traverse.
Le 16 août 1816, Simon Hogue voulant exploiter une traverse entre Saint-Vincent-de-Paul et le Sault-au-Récollet, louait du curé Bégin un droit de passage situé sur le terrain de la fabrique, pour se rendre à la rivière. Simon Hogue cédait un droit de passage à Lacombe à même celui qu’il avait obtenu sur sa terre. Ainsi, les passagers de l’un et de l’autre pouvaient se rendre au chemin du roi, aujourd’hui le boulevard Lévesque à Laval et le boulevard Gouin à Montréal-Nord.
Le 18 avril 1831, Michel Sigouin obtenait la permission d’accoster sur le terrain de Louis Lemay dit Delorme, du Sault-au-Récollet, et un droit de passage pour atteindre le chemin du roi. Louis Lemay était le voisin de Michel Corbeil.
Après le décès de Michel Sigouin, sa veuve Marie-Marguerite Lalongé, dite Gascon, louait pour sa vie son droit de traverse en un droit de passage sur la côte à Sigouin à Michel Corbeil du Sault-au-Récollet. À cause de cette entente, la famille Sigouin, pour une période de plus de quinze ans, n’exploitera pas de traverse à Saint-Vincent-de-Paul. Cependant, Benjamin Sigouin, fils de Michel, travailla à certains moments comme engagé pour d’autres propriétaires de traverse comme Césaire Germain ou Delisle et ses associés.
En 1840, la concurrence était vive entre chaque passeur et comme leur revenu en était réduit pour autant, ils convinrent le 12 mars 1840 de former une société pour exploiter en commun une seule traverse. Furent signataires de l’entente, d’une part, le notaire Césaire Germain, sa mère Angélique Dusablé, veuve de Jean-Baptiste Langlois, dit Germain, et Jean Rocan, dit Bastien, dont la traverse se trouvait un peu en amont de celle des Sigouin, tous de Saint-Vincent-de-Paul et, d’autre part, Michel Corbeil et Paschal Lalouette, dit Lebeau, du Sault-au-Récollet.
Comme Michel Corbeil possédait le droit de traverse de la veuve Sigouin, d’un commun accord on décida d’exploiter la traverse à cet endroit sous le nom de « traverse Sigouin ». Le contrat contenait seize clauses, dont deux prendront une importance capitale par la suite.
À la clause no 6, il était entendu qu’après la mort de la veuve Sigouin, si ses héritiers refusaient de vendre leur droit de traverse à la société, on exploiterait la traverse à partir de l’ancienne traverse de Césaire Germain, c’est-è-dire à l’endroit où se trouve aujourd’hui la rue Bellevue, près de la rue Sainte-Jeanne. De plus, Michel Corbeil s’engageait à ne pas laisser la famille Sigouin se servir de ses installations situées au Sault-au-Récollet. Quant à la clause no 12, elle se lisait comme suit : « Chacun des associés pourra vendre et transporter, et autrement aliéner, ses droits dans ladite société en faveur de qui que ce soit. »
Le 27 août 1842, Michel Corbeil, par testament, cédait ses droits à don fils Désiré qui, après la mort de son père deviendra membre de la société dite « traverse Sigouin ». Michel Corbeil mourut le 23 novembre 1847.