Sauvé par le football
Éric a grandi à Rivière-des-Prairies en compagnie de son grand frère et ses deux parents. « Mes parents ont toujours pris soin de moi, mais mon père avait des problèmes de mobilité, alors il a été un peu absent pendant ma jeunesse », dit-il.
Le Prairivois a commencé ses études secondaires dans une école privée. Il a été expulsé en raison de problèmes de discipline. « Je me suis chamaillé avec un garçon qui avait embrassé ma blonde, alors j’ai perdu un peu les pédales et comme c’était tolérance zéro à cette école, on m’a mis dehors après l’incident. »
Il a continué ses études dans une école publique où il dit avoir rencontré « des jeunes un peu croches. »
« Quand t’es jeune, tu ne réfléchis pas beaucoup et tu as tendance à suivre les autres. C’est là que j’ai commencé à fumer des joints et tout le reste est venu après », dit-il.
Il explique qu’il s’est fait approcher à plusieurs reprises par des personnes extérieures à l’école pour faire de la revente de cannabis.
« Il y a ceux qu’on appelle les vétérans, des gens expérimentés que tu rencontres quand t’achètes ta propre consommation. Un jour, il y en a un qui est venu me voir pour me dire qu’il me faisait confiance et que je pouvais aller vendre du pot à l’école. Je n’avais qu’à lui ramener l’argent et j’allais être bien payé. »
Il a fait ça pendant quelques mois, jusqu’à ce temps que la vente de drogue commence à nuire à ses activités sportives.
« Je suis un passionné de football. Je n’étais pas particulièrement bon académiquement parlant. J’avais beaucoup de succès au sport alors j’ai tout simplement arrêté pour avoir le temps d’assister à mes pratiques. »
Il affirme que c’est grâce au sport qu’il a pu s’en sortir et échapper aux groupes criminels du quartier.
Un intervenant
Aujourd’hui Éric travaille comme intervenant de rue pour un organisme de Rivière-des-Prairies.
« Je me suis rendu compte que je pouvais apporter mon expérience et changer la vie des jeunes de mon quartier. Je pense pouvoir les aider encore pendant un bout de temps. »
Il considère qu’il y a un manque de ressources évident pour contrer la situation des jeunes à risque dans l’est de Montréal.
« La majorité des jeunes qui ont des problèmes de comportement ou de dépendance sont des jeunes qui ont des faiblesses au niveau académique. Il faut les motiver à suivre leurs passions, explique-t-il. Que ce soit la cuisine, le sport, la musique, il y a toujours une façon de les aider. »