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Une agence de rencontre pour les travailleurs du vêtement

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
« Jeune designer cherche couturière d’expérience aimant la dentelle, le cuir et la broderie pour créer une collection de vêtements uniques. Pour relation d’affaires stable uniquement. Amateurs de sous-traitance sud-est asiatique s’abstenir.» S’il existe des sites de rencontre pour les célibataires en mal d’amour, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les travailleurs de l’industrie du vêtement en quête de main-d’œuvre? Producteurs de mode, l’âme sœur d’affaires se trouve peut-être à un clic de vous!

La plateforme web prodboom.ca a été lancée conjointement par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud/Plateau-Mont-Royal et Couture Montréal, lors de l’événement CouturoShow, tenu au 5455, de Gaspé, le 17 avril. L’événement se voulait une séance « speed-dating» entre producteurs et créateurs de mode.

« On a beaucoup d’entreprises de design de mode sur le Plateau. On a aussi une identité de produits créatifs. Du moyen et du haut de gamme. On entend chez nos membres qu’il y a un besoin criant pour de la main-d’œuvre. Certains vont dans des salons à Toronto ou à New York et reviennent avec des commandes, mais n’ont personne pour fabriquer leurs collections. C’est crucial s’ils veulent développer leur entreprise », explique Marie-France Bellemare, agente de développement économique local pour le secteur du Plateau à la CDEC.

« Depuis quelques années, la CDEC a remarqué qu’il y a un problème dans la relation entre les designers et les artisans. Les entreprises ne se connaissent plus, et n’arrivent plus à trouver les personnes qui ont les bonnes compétences. »

Cette situation serait principalement due au déménagement de la production de masse de vêtements en Asie, ce qui a entraîné la fermeture de plusieurs industries locales.

« Montréal a déjà été reconnue pour sa grande capacité de production. [Malgré la concurrence asiatique], on retrouve encore une expertise ici. On veut la renforcer et la faire connaître », mentionne Mme Bellemare.

Lors du CouturoShow, plusieurs artisans ont tenu kiosque pour exposer leur savoir-faire: manteaux de fourrure, corsets et broderies ornaient les présentoirs à vêtements disposés aux quatre coins de l’atelier de couture.

« On veut que les gens puissent réseauter, se faire des contacts. C’est difficile de savoir ce que les gens font, et de voir la qualité des produits qu’ils peuvent faire. En ayant les gens sur place avec des échantillons, ça facilite les échanges. On veut aussi revaloriser cette profession. On le sait, le travail manuel n’est pas très valorisé au Québec.

« On a des gens qui sont voisins sans le savoir et qui pourraient devenir partenaires d’affaires. On a une dynamique ici qui favorise cela », fait-elle valoir.

Ce retour à une production dite locale (au Québec) permet aux créateurs d’avoir un modèle d’affaires plus flexible mettant l’emphase sur la qualité et la diversité.

Au total, ce sont près de 600 invitations que la CDEC a envoyées à des artisans de la mode à travers le Québec. De ce nombre, plusieurs ne sont plus en affaires, ou ont déménagé. On estime à environ 250 le nombre d’entreprises toujours en opération qu’il a été possible de contacter. La plateforme web vise justement à régler cette situation problématique, où les entreprises «disparaissent» sans laisser de traces.

« Par exemple, dans le secteur Saint-Viateur Est, on sait qu’il y a des entreprises qui vont déménager, car elles ne pourront plus se payer les loyers en raison de la spéculation. Elles devront probablement déménager dans d’autres secteurs de la ville. Mais si personne ne suit ces entreprises-là, l’information se perd », illustre Mme Bellemare.

L’industrie manufacturière à l’ère 2.0

Le site prodbook.ca calque un peu le modèle Facebook. Les entreprises de production de mode peuvent se créer un profil qu’elles mettent à jour pour offrir leurs services à des créateurs de vêtements. Ces derniers peuvent commenter les services dont ils ont bénéficié. À ce jour, près de 75 profils ont été complétés.

« La production manufacturière, ce n’est pas une industrie qui est très branchée. En même temps, les gens savent qu’il faut que ça passe par la technologie », soutient Mme Bellemare.

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