Poules de discorde
«On nous a dénoncés, indique Sophie Séguin. Je ne comprends pas les motivations de celui qui a fait cela». L’inspecteur de l’arrondissement n’a fait qu’appliquer la loi. Il a remis un avis de non-conformité au règlement 3344 relatif à l’interdiction de garde de volailles et de gibier.
Dès lors une bataille s’est engagée entre les propriétaires des poules et l’arrondissement. Sophie Séguin a lancé une pétition en ligne. Son conjoint a été interviewé à ce sujet par CBC lors de l’émission de Daybreak de Krinstin Falcao.
Histoire d’un règlement
Le règlement 3344 a été pris par la ville de Montréal en 1966, sous l’administration de Jean Drapeau.
Il interdit- en dehors des lieux spécifiquement dédiés à cela – l’élevage, l’abattage ou la vente de volailles ou de gibiers. Le règlement prévoit également des amendes, avec ou sans frais, ne dépassant pas 100$. Des peines d’emprisonnement, n’excédant pas 60 jours, sont prévues en cas de refus de paiement. Celles-ci s’éteignent au paiement de l’amende.
«Nous habitons dans un coin où il n y’a pas de voisins. Je ne sais pas comment on peut déranger ou créer des nuisances » s’interroge Sophie Séguin.
La pétition en ligne a rapidement acquis la sympathie de plus d’une centaine de personnes. Ceux-ci ont inondé les boîtes courriel du maire Pierre Gagnier et du conseiller de district du Sault-au-Récollet, Étienne Brunet.
L’affaire arrivée, au chant du coq, sur la place publique s’est retrouvée au conseil d’arrondissement du 10 juin.
Combat de coqs ?
Pierre Provost a demandé si le maire Pierre Gagnier allait annuler l’application du règlement en question. «La jurisprudence en cour municipale dit que posséder quatre poules dans sa cour ne constitue pas une activité agricole», a-t-il révélé.
«La base de ce règlement c’est la santé publique», a indiqué Pierre Gagnier. Tout en rappelant l’histoire de ce règlement et pourquoi il a été pris, le maire évoquant ceux qui l’ont voté, a remarqué : «j’imagine qu’ils l’ont fait de bonne foi et puis avec du bon sens».
Pierre Brunet a appelé à la patience. «J’ai été interpellé par la pétition», a-t-il déclaré. Il a rappelé que la ville a lancé un projet pilote sur l’agriculture urbaine dans Rosemont-Petite-Patrie. Il a fait l’analogie avec le règlement d’interdiction de la nourriture de rue qui a évolué. «Moi je donnerai le temps à la ville de Montréal de se positionner là-dessus (…) je laisserai le temps à ce processus d’aller jusqu’au bout», a-t-il suggéré.
En sursis, on ne sait pas si les gallinacés ont été sensibles au débat que leur existence a suscité. Selon Sophie Séguin, elles se portent bien et continuent de pondre des œufs.