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Natas, sardines et porto sur le Plateau

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Après les Chinois, les Magrébins et les Italiens, c’est au tour des Portugais de réclamer leur quartier. Glenn Castanheira, d’origine portugaise, souhaite qu’un secteur soit consacré à l’histoire de ses ancêtres, sur le Plateau-Mont-Royal.

Ce projet, tel qu’imaginé par M. Castanheira, serait délimité par l’avenue Des Pins, les rues Clark et de l’Hôtel-de-Ville ainsi que le boulevard Saint-Joseph. Toutefois, le tracé final doit être approuvé par la population, insiste-t-il.

Mais pourquoi une telle requête? La communauté luso-montréalaise n’est-elle pas déjà suffisamment représentée le long du boulevard Saint-Laurent, où l’on retrouve un parc nommé en l’honneur du Portugal? Non, croit M. Castanheira. Il estime que les jeunes de sa génération ont besoin d’un symbole fort autour duquel ils pourront se rassembler.

« Il y a un quartier où, effectivement, il y a une forte présence portugaise, mais cette zone-là n’est pas reconnue officiellement et n’est pas clairement délimitée. Les premières générations portugaises nées ici, quittent le secteur. Les commerces aussi, car il manque de relève pour reprendre l’entreprise familiale. D’ici 15 ans, la présence portugaise sur le Plateau sera minime, car elle sera dissipée sur l’ensemble du territoire montréalais », se désole-t-il.

Fier de ses racines, il craint que les générations futures ne connaissent pas l’histoire des premiers immigrants portugais qui sont venus s’installer ici. C’est avec passion qu’il relate leur participation à la création de Montréal, telle qu’on la connaît aujourd’hui.

« La communauté portugaise s’est intégrée très rapidement. Les cultures azuréenne et québécoise sont presque pareilles. Les Açores sont un archipel éloigné du continent , tout comme le Québec l’est de la France. Quand les Portugais sont arrivés ici, le mariage était naturel.

« Ceux qui sont arrivés ici travaillent et se serraient les coudes, car à l’époque, il n’y avait pas de chômage ou de bien-être social. Si tu n’avais pas d’emploi, tu étais à la rue. C’est pour ça qu’ils se sont réunis, sans jamais fermer la porte aux autres cultures », croit le jeune entrepreneur.

Si justement les immigrants portugais ont refusé de se cantonner dans un ghetto, pourquoi le faire maintenant? Ce qui pourrait ouvrir la porte à la création d’un secteur touristique où l’héritage culturel serait mis en scène. Selon M. Castanheira, il s’agit bien là d’un piège dans lequel la communauté luso-montréalaise ne doit pas tomber, donnant l’exemple du quartier chinois, qui selon lui, est le modèle à éviter.

60 ans de présence portugaise

L’idée de créer un quartier portugais cogite depuis longtemps, mais n’a jamais été réellement développé. Toutefois, le 60e anniversaire de l’arrivée des premiers immigrants portugais à Montréal, crée un momentum.

« J’ai reçu une invitation du consulat portugais pour discuter des célébrations. Il faut qu’il y ait une vraie discussion à ce sujet. Pour la prochaine étape, je vais m’asseoir avec le comité organisateur du 60e anniversaire pour approfondir le débat, et élire une personne qui portera le dossier », soutient-il.

Les appuis

M. Castanheira a présenté son projet de quartier portugais, au nom du consulat portugais et de la communauté, lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Le maire a indiqué être prêt, sans aucun doute, à appuyer une telle initiative. « De là à faire des portes avec des tuiles portugaises, c’est une autre question. Je n’aime pas l’idée que l’on doive marquer l’espace comme dans la Petite-Italie, alors que l’apport portugais est beaucoup plus intéressant que ça. Il faudrait en faire un lieu vivant et attractif », a-t-il indiqué.

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