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Une séance d’information sans réponse

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Une manifestation a eu lieu au centre Mainbourg à Pointe-aux-Trembles, le 13 décembre. La trentaine de manifestants venus de Lanaudière était bien déterminée à obtenir des réponses de la part des porte-parole d’Hydro-Québec. Ceux-ci semblaient bien déterminer à ne pas répondre.

La journée portes ouvertes tenue par Hydro-Québec (HQ) au centre communautaire Mainbourg avait pourtant bien commencé pour l’équipe des communications venue expliquer le projet de la ligne haute tension reliant le poste du Bout-de-l’Île et Chamouchouane, près du lac Saint-Jean.

« Quelques [Pointeliers] sont venu et sont reparti satisfait », explique la porte-parole Marie Maugin. Il faut dire que les gens de l’Est ne seront pas vraiment touchés par les nouvelles lignes qui emprunteront les tracés existants, au travers du parc-nature et le long de l’autoroute 40.

Mais vers 19 h, l’ambiance a tourné au vinaigre lorsqu’un groupe d’une trentaine manifestants pacifique opposé au projet sont arrivés. Ces Lanaudois de tout âge et de tout horizon seront touchés directement par le projet puisque c’est sur leurs fermes que les nouvelles lignes passeront.

« Nous sommes une région qui vit, entre autres, de l’agrotourisme. Une photo de mouton avec des pylônes derniers, je peux vous dire que c’est beaucoup moins attrayant », s’inquiète la porte-parole d’un des groupes de citoyens, Desneiges Pepin.

Des réponses qui ne viennent pas

Malgré leur opposition bien marquée au projet, ce que revendiquaient les manifestants était des réponses à leurs interrogations. Deux semaines avant la rencontre, les citoyens avaient fait parvenir une série de questions à HQ qui n’a répondu que la journée de la séance. L’une de ces questions était de comprendre comment une ligne électrique entre le Lac-Saint-Jean (au nord) permettrait d’acheminer l’électricité produite par des éoliennes situées dans le Bas-Saint-Laurent (à l’est) vers Montréal (au sud-ouest) alors que selon HQ les lignes entre le Bas-Saint-Laurent et le Lac-Saint-Jean sont déjà saturées.

Les citoyens se sont dits insatisfaits des réponses. « Quand on pose la question sur les éoliennes, on se fait dire que la ligne est intégrée », a donné en exemple le doyen du groupe, André Dallaire.

Le chef du projet, Mathieu Bolullo, a alors expliqué que HQ n’avait pas tenu cette séance d’information pour répondre aux questions, mais pour les écouter, prendre les remarques en note et y répondre plus tard.

En raison de l’insistance des citoyens, l’ingénieure à la planification et la stratégie du réseau principal chez Hydro-Québec, Hélène Lambert, a finalement consenti à répondre à la question de M. Dallaire, mais elle a rapidement été interrompue par M. Bolullo. Ce dernier avait remarqué qu’un citoyen enregistrait la conversation. Il a dit craindre que ce matériel soit utilisé contre la société afin de déformer les propos de HQ.

Un argument qu’ont réfuté les citoyens qui ont expliqué que les informations variaient d’une rencontre à l’autre, d’où l’importance pour les citoyens de comparer les réponses. Le maire de Saint-Liguori, Serge Rivest, a également exposé la difficulté pour les représentants de bien transmettre les informations à la population, d’où l’importance pour HQ de répondre directement aux citoyens.

Après moult pourparlers, M. Bolullo, qui préconisait des rencontres avec des représentants plutôt que des assemblées publiques, a fait miroiter la possibilité de tenir d’abord une consultation avec les représentants « pour comprendre ce que vous [les citoyens] ne comprenez pas afin de mieux préparer les réponses », suivit d’une assemblée d’information publique.

« Vous n’écoutez pas la population, s’est indignée une citoyenne. On ne veut pas d’assemblée à six, on veut une assemblée publique! » Bien que très partagés sur cette possibilité, les citoyens s’apprêtaient à accepter le compromis lorsqu’un citoyen a demandé si les porte-parole avaient l’autorité de prendre un tel engagement. Une des porte-parole a alors admis qu’il ne s’agissait pas d’engagement.

La rencontre s’est finalement terminée sans que les citoyens n’aient obtenu de réponses ou d’engagements de la part de HQ. Pour être accepté, le projet devra encore franchir plusieurs étapes, dont les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

La ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île

HQ justifie l’ajout d’une ligne entre Chamouchouane et Pointe-aux-Trembles par l’augmentation de la production d’électricité, notamment en raison de l’installation de nouvelles éoliennes dans le Bas-Saint-Laurent et la construction de barrages sur la rivière Romaine.

« C’est comme une autoroute; la construction de cette ligne permettra de désengorger le réseau, a expliqué à l’Avenir de l’Est Mme Lambert de HQ. C’est comme un réseau d’aqueduc, si on augmente la pression à un endroit, toute la pression augmente. » L’ingénieure assure que l’engorgement se produit au poste de Chamouchouane puisqu’en ce moment, trois lignes relient les grands barrages du Nord-du-Québec à Chamouchouane alors que seulement deux lignes relient ce poste à celui de Jacques-Cartier, dans la région de la Capitale-Nationale (à l’exception d’une ligne « d’attache » vers le poste de Saguenay). Mme Lambert évoque également la consolidation du réseau en cas de catastrophe naturelle.

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