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Trăiască cinematografia românească! *

Beauchemin Philippe - TC Media
Après la Catalogne, voilà que le cinéma Beaubien déroule de nouveau le tapis rouge, cette fois à la Roumanie. Du 26 au 30 octobre, une vingtaine de films roumains y seront projetés dans le cadre du festival Ciné Tapis Rouge. Pour en parler, deux amoureux de l’Europe de l’Est, les cinéastes Denis Chouinard et Louis Bélanger, porte-paroles de l’événement.

Depuis longtemps, les deux comparses aiment les œuvres provenant des anciens pays socialistes. « On y est allé quand nous étions plus jeunes, à l’époque communiste, et également après la chute du régime, dit Denis Chouinard. Le cinéma roumain représente d’ailleurs très bien cette évolution entre le vieux et le nouveau régime politique. Et il se dégage dans les films en provenance de l’ancien bloc de l’Europe de l’Est une forme d’humour unique.

« En plus, poursuit-il, il est incroyable de voir à quel point le cinéma roumain nous rejoint et nous ressemble. Il y a de nombreuses similitudes. Ils ont eu, comme nous, leur période de cinéma direct, leur nouvelle vague et voilà qu’arrive maintenant de nouveaux réalisateurs émergeant du postcommuniste et qui veulent raconter le quotidien des Roumains. »

Assis à ses côtés au petit café De Froment et de Sève, situé en biais avec le cinéma de la rue Beaubien, Louis Bélanger acquiesce.

« Dans leur cinéma des années 1970 et 1980, les réalisateurs roumains ont été très habiles pour déjouer la censure et passer des messages politiques et sociaux. On a fait pareil au Québec dans les années 1960 et 1970. Ici comme en Roumanie, nombreux sont les réalisateurs qui font du cinéma national, c’est-à-dire qui parle de la réalité d’un peuple, de son quotidien, de ses rapports humains et de ses aspirations. Je le fais. Denis le fait. Jean Chabot, Serge Giguère, Pierre Falardeau l’ont fait. Puis Jacques Leduc, Robert Morin, Denis Émond, Denis Villeneuve… Pour moi, un film n’est jamais déconnecté de sa société et de sa réalité. Et je perçois la même chose dans le travail des réalisateurs roumains. »

Fous de cinéma

Avant d’être des porte-paroles et des réalisateurs reconnus, Louis Bélanger et Denis Chouinard sont avant tout des cinéphiles. Des vrais mordus du cinéma. Ils en mangent, depuis toujours. En fait, depuis l’époque étudiante où ils passaient leur après-midi à la cinémathèque québécoise, à voir toutes sortes de film, en provenance de partout.

Alors, quand les gens de chez Ciné Tapis Rouge les ont contactés pour leur demander de s’associer à eux, ils ont tout de suite accepté. « C’est une chance incroyable que d’avoir, ici à Montréal, ce genre de festival, souligne M. Chouinard. Découvrir le corpus cinématographique d’un pays est tellement fascinant. On rentre dans la psyché d’un peuple, vue et rendue par les capteurs que sont les réalisateurs. C’est intéressant au possible. »

Louis Bélanger souligne lui également l’importance d’un tel événement. « Quand il y a ce genre de festival ici, chez nous, il faut tout faire pour l’accompagner. Il n’y aura jamais assez de lieux d’échanges cinématographiques. En plus, on a la chance de recevoir un réalisateur important en la personne de Titus Muntean… On se fera un devoir, Denis et moi, de le rencontrer, de lui parler… »

« … et de le sortir et l’amener boire un verre ou deux aussi. Comptez sur nous! », ajoute Denis Chouinard.

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