Un diaporama signé Bruyère
Ces dans ces termes que Thierry Bruyère pose son regard sur Cette ville qui vieillit, chanson phare et conclusion de son premier disque, Le Sommeil en continu.
« Il a y une certaine rage, une impuissance dans mes compositions. J’ai écrit en pensant à Montréal, à tous ces gens, surtout ceux qu’on ne voit pas ou qu’on ne veut plus voir. Je me disais : bon, qu’est-ce que je peux faire, moi, dans tout ça? J’avais un trop-plein, il fallait que ça sorte. »
Assis devant une bière à L’Espace Public situé sur Ontario Est, Thierry Bruyère parle de sa musique à saveur aigre-douce.
« Il y a une aigreur, c’est vrai, dans ce que j’écris, dit celui qui réside dans Hochelaga-Maisonneuve. Vous savez, on juge une société à la façon dont elle traite les plus pauvres et les plus démunis. Et actuellement, c’est évident qu’il y a un essoufflement sur le plan politique. Tous ces scandales, ces histoires dans les différentes mairies, cette façon chez les politiciens de tenir pour acquis la population… Cela teinte le quotidien de plus en plus difficile des gens. Il n’y a pas de solutions faciles à l’horizon.
« Mais en même temps, poursuit-il, il faut garder espoir et se dire qu’on peut encore changer et améliorer notre sort, collectivement. C’est un peu ça que j’ai voulu dire dans mes chansons. »
Les douze chansons qui composent Le Sommeil en continu se veulent autant de diapositives sur Montréal et ces résidents. C’est de cette façon que l’auteur-compositeur et son réalisateur (Jean-Philippe Fréchette, mieux connu sous le nom de Navet Confit) ont construit le premier disque du jeune homme.
«Je savais que je voulais faire un show de diapositives avec cet album. Je voulais un côté folk mélancolique, ancré dans l’Amérique, dans l’urbain. C’est un album d’hiver et un regard sur Montréal, par ses thèmes. Navet Confit a tout de suite saisi où je voulais aller. »
Thierry Bruyère a une grande admiration pour le travail de son réalisateur : « C’est un « patenteux » unique et génial. Il réussit à sortir le meilleur des instruments de musique, surtout la guitare. Il a une ambiance atmosphérique dans ses compositions, il y a du rock dans ses arrangements et il écrit en français. Moi, je n’ai pas gagné le Festival de la Chanson de Granby quand j’y ai participé, mais j’y ai gagné un Navet Confit, qui était alors juge et qui a accepté de réaliser mon premier disque. »
Il ne reste donc plus qu’à monter sur scène pour sortir les spectateurs de leur sommeil en continu; c’est ce que tentera de faire Thierry Bruyère, le 15 février, d’abord au Quai des Brumes, puis, le 13 mars, au Lion d’Or, dans le cadre des Francouvertes.
-Pour entendre les compositions de Thierry bruyère : www.thierrybruyere.com.