La révolution n'aura pas lieu
La révolution des finances publiques n’aura pas lieu. Du moins, c’est ce que laisse entendre un article publié dans La Presse cette semaine où l’on apprend que le budget du gouvernement du Québec sera déposé le 25 mars à l’Assemblée nationale. Jean Charest n’a pas envie de brasser la cage. Faut-il s’en surprendre? Lui qui semble vouloir voguer jusqu’à la fin de son mandat sans trop faire de vagues a décidé que les grands changements proposés par le comité d’experts embauchés par le ministère des Finances seraient tablettés. Ainsi, les recommandations rejoindront celles faites par Bouchard et Taylor, Ménard, Castonguay et les autres.
Les consultations rassurent. Elles nous donnent une impression d’action sans changer le confort immédiat. Le prochain budget n’initiera pas les changements nécessaires pour faire face à la crise actuelle des finances publiques et, plus grave, à celle annoncée par les changements démographiques. Tout indique que la solution magique résidera principalement dans l’augmentation de la taxe provinciale de vente. Rapide et efficace, cette hausse permettra de garnir les coffres d’un milliard et demi de dollars par point.
Inutile de repenser nos façons de faire en général et en santé en particulier, les prévisions de croissance économique permettront de reporter à plus tard les décisions difficiles. C’est du moins ce que nous dira vraisemblablement le ministre des Finances. Il faudrait pourtant agir maintenant. L’audace devrait être au rendez-vous pour repenser les façons de faire afin d’assurer la garantie des services aux générations actuelles et futures.
Proche de Jean Charest, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, avait mis la puce à l’oreille la semaine dernière en disant ne pas savoir ce que voulait dire son collège des Finances lorsqu’il parlait d’entreprendre une «révolution culturelle».
Restreindre les dépenses à 2,5 % de croissance demanderait des changements significatifs, obligerait de repenser les approches. Raymond Bachand avait pourtant tout mis en place pour nous préparer le grand chantier. Le contexte avait préparé la population aux grands sacrifices. Les choses peuvent encore changer d’ici la présentation du budget. Toutefois, le ministre des Finances ne semble pas avoir les appuis en haut lieu pour permettre l’alignement des planètes.