Le courage d'agir

Mieux dépenser et mieux financer les services publics sont les thèmes qui lient les différentes propositions mises de l’avant par le groupe d’économistes mandatés par le ministère des Finances dans le cadre de la préparation du budget 2010. Rien de neuf sous le soleil, me direz-vous. Le Québec vit au-dessus de ses moyens depuis belle lurette. Malgré les efforts de Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro – ce qui n’a pas été fait sans causer certains dommages collatéraux -, notre niveau d’endettement est toujours le plus élevé au Canada.

Il ne faut pas s’alarmer, diront certains, le temps arrangera les choses. Rien de moins sûr. Au-delà de la situation causée par la conjoncture économique, le Québec devra faire face à un défi plus grand, celui de la démographie. D’ici peu, le rapport entre le nombre de travailleurs et le nombre de retraités chutera drastiquement. Cela aura un effet tant sur la colonne des revenus que sur celle des dépenses. C’est pourquoi il est pressant d’agir, car repousser l’échéance ne fera qu’aggraver la situation.

Il ne s’agit pas d’agir par doctrine, bien au contraire. Couper pour couper ou, pire encore, imposer des mesures mur à mur ne représente pas la voie
à suivre. Il est possible de moderniser le modèle québécois, de l’adapter à la nouvelle réalité démographique en s’inspirant des valeurs de solidarité et d’équité qui sont à sa base même.

Il ne faut quand même pas s’illusionner : retrouver l’équilibre et organiser le budget pour faire face à la nouvelle réalité québécoise ne se fera pas sans heurts. Des choix devront être faits et cela exigera du courage tant des élus que de la population.

Il n’y a pas de solutions magiques. La situation impose que l’on fasse des choix stratégiques pour préserver des services de qualité et assurer l’accessibilité aujourd’hui, mais aussi demain. Pelleter par en avant n’améliore pas la situation, cela ne fera que refiler la facture aux générations futures.
Il faut comprendre que, plus le temps passe, plus les décisions et les choix deviennent difficiles.

Le gouvernement aura-t-il le courage d’agir? Il n’est jamais plaisant d’imposer des restrictions, mais au-delà de la réélection, c’est le mandat des élus de poser des gestes responsables. Raymond Bachand, ministre des Finances, se disait prêt à relever le défi. Le prochain budget nous dira s’il est parvenu à convaincre ses collègues de l’importance des mesures à prendre. Jean Charest, de son côté, semble préférer parler que poser des gestes concrets. C’est à suivre…

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