Vingt ans : une confiance qui grandit
Pour célébrer les 20 ans de la convention des droits de l’enfant de l’ONU, j’ai demandé à mon fils de partager avec moi cette chronique d’opinion.
Marie : Quand je suis née, le droit de l’enfant n’avait pas la même signification qu’aujourd’hui. J’ai quand même bien grandi. Sûrement parce que j’étais bien entourée et que je vivais dans une société qui avait fait ses apprentissages. Les enfants devaient aller à l’école jusqu’à 16 ans et n’avaient pas le droit de travailler. Certes, tous les enfants ne bénéficiaient pas de la même chance. Il y a eu des avancées, mais des disparités importantes demeurent, même ici.
Samuel : De mon point de vue d’adolescent, il m’apparaît irréaliste de dire que cette convention des droits est appliquée de par le monde. Mes enseignants m’ont déjà présenté, il y a quelques années, des vidéos troublantes sur des enfants qui ne se nourrissent que de colle pour leurs repas primaires, qui logent dans des trous avec leurs chèvres et biens d’autres violations bien pires.
Marie : Vingt ans plus tard, seuls la Somalie, qui ne peut signer aucun traité de l’ONU, et les États-Unis n’ont pas ratifié la convention des droits de l’enfant! Pourtant, l’Oncle Sam offre généralement une qualité de vie à sa relève, ce que plusieurs pays signataires sont incapables de faire. Tiens, je me demande pourquoi Barack Obama n’a pas encore réfléchi à l’idée de corriger cette situation. Il s’agit là d’un projet à la sauce «yes we can» pour tous les jeunes citoyens assoiffés de nouvelles visions…
Samuel : En effet, je considère essentiel qu’une nation élève les droits des jeunes au niveau des priorités. L’écrivaine brésilienne Lya Luft a écrit que «l’enfance est le sol sur lequel les hommes marchent». Elle a bien raison. Qui décidera si nous formerons un jour une Terre plus juste qui priorisera les ponts entre les nations et l’écologie? La réponse, on la trouve dans nos garderies ainsi que dans nos écoles. Il s’agit de la responsabilité de tous de donner des droits aux enfants pour leur donner un avenir reposant sur des fondations solides.
Marie : Il s’en est passé des choses depuis 20 ans. Il y a eu des avancées, mais il reste du chemin à faire, même au Canada. En 1989, une Chambre des communes à Ottawa adoptait à l’unanimité la résolution, celle de «s’employer à réaliser l’objectif d’éliminer la pauvreté chez les enfants au Canada d’ici l’an 2000». On est encore loin du compte. Il faut continuer à y travailler ensemble!