C'est reparti

Ceux qui croyaient que la Commission Bouchard-Taylor avait mis le couvercle sur la question des accommodements raisonnables seront déçus. Bien malgré lui, le gouvernement Charest vient de relancer le débat du «vivre ensemble» comme le dit sa ministre Yolande James. C’était pourtant prévisible! En mettant le rapport Bouchard-Taylor sur la tablette, Jean Charest avait remis à plus tard ce qui aurait pu être fait plus tôt.

Les quelques décisions de la Commission des droits de la personne et le projet de loi 16, favorisant l’action de l’administration à l’égard de la diversité culturelle, suggèrent que l’essentiel n’a pas été réglé. On apprend maintenant que, pour des motifs religieux, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) accommodera les gens qui désirent passer leur examen de conduite avec une personne du même sexe.  

Or, le «vivre ensemble» cela se bâtit dans le respect mutuel. Plusieurs nouveaux arrivants disent qu’ils ne désirent pas de traitements spéciaux. D’ailleurs, l’intégration passe rarement par les exceptions religieuses. Ceux qui choisissent le Québec doivent y trouver une terre accueillante qui a un message clair et des valeurs bien établies, dont celle de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Aller au fond de la question aurait supposé plus que des discours. Le fait de décréter que le Québec est un État laïque et français où prime l’égalité hommes-femmes n’en fait pas une réalité. Le premier ministre Charest sait que c’est un texte de loi qui indique la voie aux tribunaux. Les élus votent les lois, les tribunaux les appliquent. En l’absence de lignes directrices claires, les juristes décident et développent des précédents qui deviennent la norme.  

Ce n’est pas une tempête dans un verre d’eau, comme le dit Jean Charest. On parle ici d’un enjeu fondamental, soit des valeurs qui régissent une société et des règles qui encadrent sa capacité d’accueillir les autres tout en se respectant. Ce n’est pas en diminuant l’importance de cet enjeu que l’on avancera comme société.

À voir la vitesse à laquelle le débat s’enflamme de nouveau, tout indique que la Commission Bouchard-Taylor n’aura été qu’un exutoire temporaire. Il appartient au gouvernement de poser des gestes concrets.

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