C'est maintenant!
Les rumeurs courent. Les citoyens sont en colère. Le gouvernement évoque la hausse de tarifs, dont ceux de l’électricité, pour pallier le manque à gagner afin de boucler le budget du Québec. Il fallait pourtant s’y attendre. En fait, on aurait pu souhaiter que ce débat soit initié plus tôt. On ne serait sans doute pas dans cette situation si, collectivement, nous avions accepté de voir la
réalité en face.
Le Québec est dans une situation précaire. Nous n’avons pas profité de la longue période de prospérité pour dégager une marge de manouvre et ramener la dette du Québec à un niveau acceptable. Les chiffres en disent long. Le seul remboursement des intérêts représente le troisième poste en importance du budget québécois. Si le portefeuille que gèrent les ministres représente l’importance qu’ils occupent dans le cabinet, un ministre de la dette serait le numéro 3, après les ministres de la Santé et de l’Éducation. C’est tout dire.
Il est vrai que les Québécois ont déjà donné. On croyait que la grande corvée organisée par le gouvernement Bouchard allait remettre les finances publiques sur les rails. L’effort, bien que louable, n’a pas donné les résultats prévus. Le déficit zéro n’a pas empêché la dette d’augmenter. On comprend que le scepticisme et la colère soient élevés. Mario Dumont, François Legault, les lucides et Monique Jérôme Forget, pour ne nommer que ceux-là, ont bien tenté de tirer la sonnette d’alarme…
Pour susciter l’adhésion de la population, le gouvernement doit cesser de laisser courir les rumeurs. Il doit proposer un plan complet. Les citoyens doivent avoir un portrait fidèle de la situation. Il importe aussi de mieux comprendre comment les hausses de tarifs, les augmentations de taxes ou d’impôts, la révision des services publics pourront permettre d’assurer que les sacrifices nous mèneront à destination. Bref, il faut que l’on soit à même d’évaluer les différents scénarios qui s’offrent à nous.
En matière de finances publiques, le Québec a pris la mauvaise habitude de pelleter par en avant. C’est maintenant que la réalité nous rattrape. Si les choix entourant les tarifs sont aujourd’hui plus difficiles, ils demeurent inévitables.