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Mulcair traite Harper de «sans coeur»

NDP leader Thomas Mulcair shakes hands with aerospace workers as he makes a campaign stop in Montreal on Tuesday, September 8, 2015. THE CANADIAN PRESS/ Photo: Sean Kilpatrick/THE CANADIAN PRESS

MONTRÉAL — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, est passé à l’attaque à l’endroit de son rival conservateur Stephen Harper, qu’il a accusé d’être «sans coeur» devant l’ampleur de la crise humanitaire des réfugiés syriens.

«Les offres d’aide fusent de partout, mais Stephen Harper fait la sourde oreille», a-t-il affirmé, mardi, lors d’un discours prononcé devant des militants réunis au Club Soda, au centre-ville de Montréal.

Cette sortie de M. Mulcair à l’endroit de son adversaire s’est avérée la plus virulente sur ce sujet, qui s’est invité dans la campagne depuis la diffusion des images de ce petit Syrien de trois ans noyé sur une plage et la révélation des liens de sa famille avec le Canada.

Depuis, le chef néo-démocrate a répété qu’il voulait tendre la main au gouvernement afin d’accélérer et accueillir davantage de gens en provenance de ce pays. Son parti propose d’ouvrir les portes du Canada à 46 000 réfugiés syriens d’ici 2019, par rapport à 10 000 sur trois ans pour les conservateurs.

«Stephen Harper vit-il sur la même planète que nous? Vit-il dans le même pays que nous?» a lancé le chef du NPD.

Au cours de son discours d’une vingtaine de minutes, M. Mulcair, dont le parti jouit d’une mince avance dans plusieurs sondages, s’est de nouveau présenté comme le candidat du «changement» capable de se «débarrasser, une fois pour toutes» des conservateurs.

Il a continué à s’en prendre au gouvernement Harper, le qualifiant de «cynique, cachotier, sans coeur et sans vision».

Alors que les vacances d’été sont maintenant terminées pour les électeurs, M. Mulcair a qualifié son arrêt dans la circonscription de Laurier – Sainte-Marie — où le chef bloquiste Gilles Duceppe tente de reprendre le siège qu’il a perdu en 2011 — de «moment crucial» de ce marathon électoral.

En soirée à Toronto, M. Mulcair a aussi lancé quelques flèches à l’endroit du chef libéral Justin Trudeau.

Le chef néo-démocrate a voulu souligner l’«inexpérience» de M. Trudeau lors d’un rassemblement dans la ville reine. Il a critiqué le chef libéral pour avoir voté en faveur d’un salaire minimum au fédéral à 15 $ l’heure avant de faire campagne contre cette idée.

M. Mulcair a aussi pris à partie M. Trudeau pour avoir annoncé qu’un gouvernement libéral afficherait plusieurs déficits, et pour avoir voté en faveur de la loi antiterroriste du gouvernement Harper — le projet de loi C-51 — après s’y être opposé initialement. M. Trudeau a promis d’amender la loi antiterroriste, s’il est élu.

«Est-ce que c’est le type de changement dont on a besoin?», a lancé M. Mulcair dans son discours.

Tentative avortée

Des militants écologistes ont par ailleurs réussi à s’infiltrer dans la foule qui se trouvait sur la scène, à Montréal, derrière le chef néo-démocrate, où ils ont tenté, sans succès, de perturber l’événement en déployant des banderoles aux slogans hostiles aux projets d’oléoducs et sables bitumineux albertains.

Deux individus ont été escortés en bas de la scène alors qu’une troisième personne a été en mesure d’y demeurer, pendant que M. Mulcair poursuivait son discours sans broncher.

Au Québec, des militants écologistes se sont invités à des événements organisés par le NPD, les conservateurs ainsi que le Parti libéral du Canada depuis le début de la campagne.

Le 25 août dernier, à Montréal, Stephen Harper avait été interrompu par un manifestant qui s’était faufilé à l’intérieur de l’endroit où se déroulait le discours. Trois jours plus tard, toujours dans la métropole, Justin Trudeau avait été interpellé par des militants, qui avaient pu lui poser une question.

Avant son arrêt au centre-ville de Montréal, le chef du NPD a amorcé sa journée à Dorval, devant l’avion qui lui servira à se déplacer d’ici au scrutin du 19 octobre.

Sur une piste d’atterrissage, il a promis de stimuler l’innovation et la fabrication dans le secteur aérospatial, délaissé par Ottawa depuis les 10 dernières années, à son avis.

Il a proposé de créer un fonds doté d’une enveloppe de 160 millions $ sur quatre ans afin d’aider les PME oeuvrant dans ce secteur.

Le chef du NPD est revenu sur la question au cours du rassemblement militant, déplorant que les ministres conservateurs ne participent pas aux événements comme le Salon aéronautique du Bourget, à Paris, le plus important de l’industrie.

«Quand Boeing veut vendre des avions en Chine, c’est le président (Barack) Obama qui part en Chine pour aider (l’entreprise), a lancé à la foule M. Mulcair. Le résultat, c’est qu’ils vendent des appareils.»

Le chef néo-démocrate assure qu’il fournira, «en temps et lieu», les calculs pour les coûts de toutes ses promesses, tout en équilibrant un premier budget néo-démocrate.

Il a par ailleurs encore une fois écarté toute possibilité d’un gouvernement de coalition avec les libéraux.

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