Mulcair attaqué sur le 50 pour cent plus un
OTTAWA — Même si un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec semble loin d’être imminent, un groupe qui prône l’unité canadienne s’invite dans la campagne électorale en s’en prenant à Thomas Mulcair.
L’un de ses membres, le professeur à la retraite de l’Université McGill Stephen Scott, va jusqu’à affirmer que le Bloc québécois est moins dangereux pour l’unité du Canada que le Nouveau Parti démocratique (NPD). Selon lui, la formation de Gilles Duceppe a le mérite d’être claire sur ses intentions, contrairement à celle de Thomas Mulcair, juge-t-il. «On sait ce que veut le Bloc», a-t-il lancé en point de presse à Ottawa mardi.
«Notre préoccupation est d’empêcher le NPD de fournir au tigre son steak sous une promesse de sécession unilatérale», a-t-il illustré, le tigre étant la nationalisme québécois.
Depuis la Déclaration de Sherbrooke en 2005, le NPD est d’avis qu’une majorité simple est nécessaire pour que le Québec accède à la souveraineté. En 2013, il a déposé un projet de loi pour remplacer la loi sur la «clarté référendaire» dans lequel il propose des balises pour un éventuel référendum.
Aux yeux du député conservateur Peter Goldring, le seuil de 50 pour cent plus un vote est une «recette nationale pour le désastre» et il lui préfère nettement la Loi de clarification qui exige une majorité claire, sans toutefois proposer de seuil minimal.
M. Goldring affirme que la position adoptée par M. Mulcair démontre «un peu d’hypocrisie» de sa part et il l’accuse de chercher de cette façon à faire le plein de votes au Québec.
M. Mulcair est un fédéraliste bien connu qui a milité pour le camp du «Non» lors des campagnes référendaires de 1980 et de 1995.
Le groupe baptisé Comité spécial pour l’unité canadienne dresse une liste de neuf questions qu’il pose au chef néo-démocrate, notamment sur ce qu’il entend faire de l’avis de la Cour suprême du Canada dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec de 1998.
À ceux qui lui demandent pourquoi brandir l’épouvantail de l’indépendance alors qu’un parti fédéraliste est au pouvoir à Québec, le comité répond que rien n’empêcherait le Parti québécois de gagner les élections provinciales dans le futur.