Arrivée des réfugiés: «Un véritable cadeau de Noël»
Des familles enfin réunies, il y en avait des dizaines hier soir dans une atmosphère on ne peut plus fébrile, alors que le premier avion transportant 161 réfugiés syriens, dont 46 enfants, s’est posé à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau aux alentours de 20h20.
Au centre de bienvenue, aménagé pour l’occasion dans l’arrondissement Saint-Laurent, Anas Francis est tombé dans les bras de son oncle, sa tante, ses cousines et sa grand-mère, originaires de la ville d’Alep, qu’il n’avait pas vus depuis huit ans.
«C’est un vrai cadeau de Noël!», s’est-il exclamé, ému. C’est lui qui a parrainé leur arrivée.
Sa jeune cousine âgée de 13 ans, Laila, s’est réjouie de l’avenir et de l’espoir que représente son arrivée au Canada. «J’espère que tous mes rêves se réaliseront», a-t-elle affirmé, des étoiles plein les yeux.
La famille Der Kaspar a été la première à faire son entrée dans le centre des réfugiés. Lara, 17 ans, Vana, 11 ans, et Raffi, 10 ans, avaient tous un grand sourire aux lèvres devant l’accueil qui leur était réservé.
Après avoir vécu l’horreur en Syrie, et passé six mois dans les conditions exécrables d’un camp de réfugiés à Beyrouth, M. Der Kaspar était soulagé.
«J’ai vu la mort. J’ai vu les édifices tomber (…) C’est vraiment difficile de rester là-bas», a-t-il confié aux journalistes. Il s’est dit heureux d’être arrivé au Canada, «le meilleur pays.»
Les scènes d’entraide se sont multipliées tout au long de la soirée. Le petit Raffi a reçu l’aide du maire Denis Coderre pour se trouver des bottes, pendant que la femme du premier ministre Philippe Couillard, Suzanne Pilote, aidait leurs parents, Jerais Der Kaspar et Emelda Magarian à enfiler leurs manteaux d’hiver.
Après avoir visité les installations servant à accueillir les réfugiés tout droit sortis de ce premier avion, M. Couillard a dit avoir été impressionné par une organisation qui lui est apparue «excessivement bien préparée».
M. Couillard souhaitait être en mesure de répondre, avec ses collègues, au fait que ces gens chercheront «dans (leurs) yeux le visage de l’accueil».
Comité d’accueil
Les Syriens ont fait un très long voyage afin de pouvoir enfin serrer leurs proches dans leurs bras. Après avoir décollé de Beyrouth samedi matin, ils ont effectué un vol de 20 heures jusqu’à Montréal.
Deux heures après avoir atterri, ils ont été déplacés par navette vers le centre de bienvenue de la Montée de Liesse, où leurs familles et leurs parrains les attendaient avec impatience.
Une armée de bénévoles étaient également sur place afin de faciliter la transition.
Parmi eux, l’interprète Salam Mareco. Il est arrivé au Québec en 1996, fuyant son pays natal, l’Irak, alors aux prises avec le conflit kurdo-irakien. Maintenant Canadien, autant que «le pape est catholique», il est prêt à redonner tout ce qu’on lui a offert.
«J’ai été moi-même un réfugié, je comprends ce qu’ils ont vécu, a-t-il raconté à TC Media. Je suis arrivé à l’aéroport de Montréal il y a près de 20 ans, à 4 heures du matin. Il y avait une femme d’Immigration Canada qui nous attendait. Elle nous a accueilli, elle nous a tellement aidé. Maintenant que les Syriens arrivent, c’est mon devoir de faire ma part et de leur dire, ‘je suis là avec vous’.»
Un prochain contingent, cette fois parrainé par l’État, est attendu à Montréal dans les prochains jours.
Au total, 7300 réfugiés syriens arriveront au Québec d’ici la fin 2016.
La Croix-Rouge canadienne a mobilisé une quarantaine de bénévoles à temps plein pour les trois prochains mois. L’organisme sollicite par ailleurs les dons de la population. Jusqu’à présent, 1,3 M$ ont été recueillis.
En collaboration avec La Presse canadienne










