Soutenez

Le premier tour de la présidentielle en Colombie donne l'avantage au parti d'Uribe

Les bureaux de vote ont fermé dimanche soir en Colombie pour le premier
tour d’une élection présidentielle qui donne désormais l’ancien
ministre de la Défense Juan Manuel Santos, héritier du président Alvaro
Uribe, largement en tête devant l’ancien maire de Bogota, le Vert et
atypique Antanas Mockus.

Après décompte de 98% des bulletins de vote, Juan Manuel Santos est
crédité de 47% des voix contre 21% à Antanas Mockus, pourfendeur de la
corruption dans les affaires publiques. Un second tour aura bien lieu.
Un troisième candidat, champion de l’opposition de gauche, Gustavo
Petro, du Pole démocratique alternatif, est crédité de 10% des votes,
tout comme le candidat du Cambio Radical, German Vargas, membre de la
coalition actuelle.

Malgré l’important dispositif de sécurité mis en place dans le pays, le
scrutin a été marqué par des violences entre l’armée et les rebelles
des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) au cours
desquelles trois soldats ont été tués. Des combats ont été signalés
dans au moins sept régions, pour la plupart situées dans le sud et
l’ouest du pays. Les rebelles avaient appelé au boycott de l’élection.

Un petit peu moins de 30 millions d’électeurs colombiens étaient
appelés aux urnes, et la plupart des instituts de sondage avaient donné
Juan Manuel Santos, candidat du parti d’Uribe, et Antanas Mockus dans
un mouchoir, garantissant pratiquement un second tour pour les
départager, le 20 juin prochain.

Santos, économiste de 58 ans, est le candidat officiel, représentant le
parti au pouvoir, le Parti social d’Unité nationale (dit « parti de la
U »). Il revendique l’héritage d’Uribe, dont il fut ministre de la
Défense de juillet 2006 à mai 2009. Il est ainsi considéré comme
l’artisan des coups les plus durs infligés aux FARC, dont l’opération
qui permit la libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt en
juillet 2008.

Antanas Mockus, 58 ans aussi, est un fils d’immigrés lituaniens,
ex-maire de Bogota et ex-recteur de l’Université de Colombie. S’il est
élu, Mockus deviendrait le premier président écologiste au monde, même
s’il donne la priorité à la bonne gouvernance et à la lutte contre la
corruption et les scandales. En deux mandats à la tête de Bogota,
l’atypique Mockus avait accédé à la notoriété en arpentant sa ville,
déguisé en « Super-Citoyen » luttant contre le crime.

Le vainqueur succédera le 7 août et pour quatre ans à Alvaro Uribe,
contraint de partir en pleine gloire, après huit ans aux manettes.
L’hermétique et conservateur président « à la triste figure » s’est fait
rappeler à l’ordre par la Cour constitutionnelle alors qu’il essayait
de faire modifier les lois pour briguer un troisième mandat, fort d’une
popularité supérieure à 70%.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.