Le virage vert unique d’une entreprise de LaSalle
Depuis un mois, une entreprise de LaSalle, vient d’entreprendre un virage vert qu’elle dit «unique» au Québec. Crites & Riddell, un distributeur de matériel de bureau, incite ses clients à maximiser leur recyclage en utilisant des bacs de livraison réutilisables.
Avouant que ces changements nécessitent des coûts importants, les dirigeants sont persuadés que l’opération sera bénéfique à long terme.
«C’est notre bébé. C’est excitant et innovant et aucun compétiteur québécois n’a un tel programme de livraison de papeterie», dit Roxanne Dubé, directrice développement des affaires.
L’entreprise offre en effet à ses clients la possibilité de récupérer «à domicile» des matières comme des cartouches vides, stylos, marqueurs, piles, agrafeuses et autres.
«On ouvre des portes vers un nouveau marché. Il y a une lacune dans le recyclage de bureaux. Peu de gens recyclent les piles, les relieurs, les cartouches, les stylos et autres», explique Vincent S. Hayes, vice-président Opérations.
«On veut se démarquer puisque nous sommes une PME qui se bat contre des multinationales», ajoute M. Hayes.
Étape par étape
L’entreprise de l’avenue Dollard distribue les fournitures à bureau sans emballage supplémentaire. À la livraison suivante, elle ramasse les bacs, idéalement pleins de matières recyclables, et y dépose un autre bac.
Les matières recueillies sont triées dans son entrepôt de LaSalle et envoyées à ses partenaires de recyclage que sont Cascades Papiers, l’Écocentre LaSalle et Terracycle, Clover.
Les métaux récupérés de piles usagées créent de nouvelles batteries, les cartouches vides sont «remanufacturées», les instruments d’écriture et autres sont convertis en d’autres produits.
Suite logique
Cette offensive dans le recyclage n’a rien de surprenant pour la compagnie. Depuis deux ans, Crites & Riddel offre des services de recyclage et déchiquetage personnalisé, grâce à l’ajout de la division «Enviro Vision» à son arc.
L’entreprise a récupéré plus de 128 tonnes l’an dernier, soit l’équivalent de 2188 arbres matures sauvés de la coupe. Le déchiquetage sécurisé est fait au centre de l’avenue Dollard.
Crites & Riddell utilise du papier recyclé pour les imprimantes, photocopieurs et télécopieurs au bureau. Elle recycle les boîtes de carton ondulé, ainsi que les palettes, faites de bois 100% recyclable.
Afin de diminuer son empreinte de carbone, elle ne livre qu’une fois par semaine pour réduire les déplacements de camions de livraison.
Découverte en découverte
Distributeur de fournitures de bureau, produits informatiques, fournitures juridiques, papier, produits d’entretien et produits écologiques, l’entreprise comprend une imprimerie et emploie une cinquantaine de personnes au 2695, avenue Dollard.
Elle fait partie du groupe d’achats canadien Basics qui lui permet d’être présente à travers le pays.
La visite de l’entreprise nous réserve quelques surprises: une salle de montre, un entrepôt de meubles usagés de bureau, un site de triage de matières recyclables et une imprimerie de papeterie commerciale pour dépliants, publicités, bannières et autres.
Créée en 1911 par T.A Riddell et W.P. Crites, l’entreprise a vu le jour sur la rue Craig, dans le Vieux-Montréal, et a opéré à Montréal-Ouest, avant de s’établir dans ses locaux actuels de 70 000 pieds carrés à LaSalle en 2011.
Avec ces nouveaux projets, Crites & Riddell veut prendre de l’expansion et créer de nouveaux emplois.
Viser la «responsabilisation totale»
«Ce sont de bonnes initiatives, à la condition qu’il y ait un suivi pour savoir comment les choses sont récupérées et recyclées. Avec le temps, on verra la viabilité du projet».
Spécialiste en environnement depuis 30 ans, Daniel Green approuve des initiatives vertes comme celle de Crites & Riddell mais soutient que sans une politique de récupération et recyclage dans les secteurs institutionnel et commercial, «on sera toujours un peu à la remorque d’une industrie du recyclage qui stagne et qui est moribonde».
«On a encore des sites d’enfouissement qui débordent. Les gens pensent faire une bonne action en se débarrassant de leurs produits en croyant que c’est écoresponsable, pour apprendre plus tard qu’ils ne sont pas récupérés ou recyclés adéquatement», dit-il.
Idéalement, Daniel Green croit que la responsabilité devrait revenir aux fabricants de ces cartouches, cellulaires et autres. «On devrait leur retourner le produit après sa vie utile. Les fabricants devraient faire ces produits en sachant qu’ils vont devoir les récupérer après. On parle de responsabilisation totale dans le cycle de vie de toute chose, que ce soit une auto ou un stylo».



